Carnet d’entraînement : Complicité offensive avant Guingamp

Carnet d’entraînement : Complicité offensive avant Guingamp
21/09 - 15:29 | Il y a 3 mois

Jeudi 21 septembre 2017 - Le Haillan : À deux jours d’une réception de Guingamp qui pourrait leur permettre de s’installer dans le trio de tête, les Girondins ont travaillé les combinaisons offensives pour se donner les meilleures chances de succès. Sous un soleil radieux.

Dans deux jours, Bordeaux reçoit Guingamp au Matmut Atlantique. Dans la peau du 4eme de L1. Au Haillan, le soleil brille, la pelouse du centre d’entraînement légèrement couverte de rosée est parfaite pour favoriser une circulation rapide du ballon. L’ambiance est au beau fixe. Les joueurs, majoritairement les éléments offensifs accompagnés de quelques défenseurs tels Verdon, Lewczuk, Contento et Poundjé, travaillent leur échauffement au milieu de terrain. Eric Blahic est au centre et dirige tel un chef d’orchestre. Plus bas sur le terrain, près du grillage, Youssouf Sabaly travaille spécifiquement avec Kévin Plantet. À leur gauche, à l’opposé, Franck Chaumin s’occupe de ses quatre gardiens, Benoît Costil, Jérôme Prior, Over Mandanda et Gaëtan Poussin. « Les gars, changez de rythme un peu, c’est trop mou, ça ne me va pas » conteste Eric Blahic. Les joueurs effectuent des conduites de balles et doivent dédoubler avec un partenaire libre. « C’est trop long, il faut dynamiser avant » poursuit un Eric Blahic très en forme. L’entraîneur adjoint des Girondins corrige Zeydou Youssouf : « Zey, tu prends le ballon à l’arrêt, et tu le donnes à l’arrêt. Ce que je ne voulais pas tu viens de me le montrer. » Le jeu d’échauffement passe à deux touches de balle ce qui augmente la vitesse des échanges. « Igor, une touche de trop » remarque Eric Blahic qui multiplie les recommandations et les corrections, ne lâchant jamais la bride. Les joueurs commencent à s’adapter au rythme de parole de leur entraîneur et les deux ballons qui transitent au milieu du groupe claquent de plus en plus. Après avoir récupéré des ballons, les joueurs forment des duos et allongent les passes pour terminer cette phase préparatoire d’entraînement. Alors que Jocelyn Gourvennec, mains dans le dos, regard porté vers le sol, fait les cent pas, Eric Blahic s’agace devant une veste de survêtement nonchalamment abandonnée au sol et demande à Valentin Vada de la ramener devant les vestiaires. Pendant que Youssouf Sabaly multiplie les aller et retour, mimant tantôt de petits coups de pied à droite et à gauche, effectuant d’autres fois de légères courses croisées ou des ouvertures de jambes, les joueurs prêts à participer à la séance terminent sous le regard omniprésent d’Eric Blahic qui reprend Pereira : « Matheus, en mouvement, ne soyez pas à l’arrêt. »

Le cameraman de Girondins TV longe le grillage, salue les spectateurs présents et rejoint le groupe des gardiens où chaque joueur a le droit à un entraînement au sol. Une première frappe à terre pour un ballon capté, puis une deuxième frappe à mi-hauteur pour enchaîner instantanément. Chez les joueurs offensifs, des chasubles sont distribués par Eric Blahic pour former des binômes. Seuls Pereira, Verdon, Youssouf, Lewczuk, Cafù, Contento et Poundjé n’ont pas de chasubles de par les rôles qu’ils s’apprêtent à tenir. Alors que Costil et Prior ont rejoint les cages, dos au centre d’entraînement, les joueurs se sont mis en place. Deux éléments sont positionnés sur chaque aile, deux joueurs font face au jeu et Pereira est en position de milieu axial ayant pour mission de faire le relai entre le début du jeu et l’attaque. Des rangées de mannequins sont au coeur du jeu, et deux gros mannequins gonflables sont à quelques mètres des cages, tels deux défenseurs centraux. Eric Blahic d’un ton posé et bienveillant prend le temps d’expliquer l’exercice à ses joueurs. Sur le premier circuit, Verdon et Youssouf font face au jeu, sur la même ligne. Le premier nommé trouve Pereira dos au jeu, positionné face à eux. Le jeune brésilien rejoue sur Youssouf qui trouve un joueur intercalé en profondeur. Ce dernier remet pour Pereira qui lance l’un des deux attaquants dans le sens du but. Cette phase est rapidement suivie d’une nouvelle attaque basée sur une transversale de Verdon ou Youssouf selon le côté du jeu, d’un redoublement de passes sur les ailes puis d’un centre pour la même paire d’attaquants engagée sur l’action précédente. Sur l’une des premières actions, Malcom fait la différence et marque d’une frappe enroulée qui voyage autour du mannequin gonflable avant de terminer en lucarne.

« Sur la position de départ vous vous superposez, je ne veux pas deux joueurs au même niveau » reproche Jocelyn Gourvennec, qui observe le jeu en position privilégiée près de l’un des mannequins, entre l’aile gauche et le départ des actions. L’entraîneur bordelais souhaite que ses deux attaquants soient en décalage lors de la remise pour Pereira puis de l’appel du joueur sans ballon. « Nico, je veux que tu traînes dessous, que tu sois une possibilité de passe ensuite » reprend l’ancien entraîneur guingampais qui n’est pas satisfait du positionnement de De Préville avant de revenir rapidement vers son joueur en courant après avoir arrêté le jeu : « Je veux que vous combiniez. » Le coach girondin montre les mouvements qu’il souhaite voir, et illustre son propos : « Je veux que vous jouiez ensemble, pas l’un après l’autre. » Le jeu connaît beaucoup d’arrêts. Les coachs recadrent, expliquent de nouveau, précisent leurs pensées. L’exercice demande un équilibre technique de tous les instants. « Ouais Nico, super » félicite Jocelyn Gourvennec qui apprécie le but premier poteau de De Préville d’une frappe sèche au sol. « Oliv, joue vite, gagne un temps » demande l’entraîneur breton des Girondins à Verdon qui doit dynamiser les débuts d’actions. Alexandre Mendy place une grosse frappe sous la barre suite à un centre de Contento. Sur l’aile opposée, Igor Lewczuk applaudit et félicite avec son timbre grave. L’international polonais n’est pas avare d’encouragements pour ses partenaires. Gaëtan Laborde marque d’une frappe enroulée. « C’est bien, mais c’est long » remarque Eric Blahic. Les deux entraîneurs parlent chacun à leur tour, ne laissant aucun temps mort en donnant un tempo élevé à la séance. Nicolas De Préville frappe près du poteau de Prior mais ne trouve pas le cadre. Eric Blahic, mâchoires serrées : « On doit marquer ». François Kamano reprend un ballon de volée du plat du pied, lequel s’envole au dessus des cages. « Pourquoi tu ouvres le pied François ? » enrage gentiment Eric Blahic. Jocelyn Gourvennec, s’agace en reprenant Verdon : « Oliv, tu perds du temps, joue directement après le contrôle. » 

Matheus Pereira, en position centrale dans la transition du jeu, touche le ballon de façon très légère, sans appuyer ses passes, qu’il s’agisse du jeu en retrait ou de trouver ses partenaires face au but. Une pause est décrétée le temps d’expliquer l’évolution de l’exercice. Zeydou Youssouf prend la place de meneur de jeu de Pereira qui se retrouve au niveau d’Olivier Verdon. Le ballon part du gardien qui allonge pour Verdon ou Pereira. Le premier contrôle, passe à son partenaire qui trouve Youssouf dans l’axe. Ce dernier remise à l’un des deux joueurs face à lui. Les deux attaquants effectuent un mouvement vers le ballon, tout en restant en décalage. Verdon ou Pereira trouvent l’un des deux attaquants qui remise instantanément sur Youssouf. Le jeune milieu bordelais lance ensuite l’attaquant qui avait fait un faux appel sans jouer le ballon. La séquence permet une phase de préparation dynamique suivie d’une accélération fulgurante vers le but. Sur l’action suivante et le jeu sur les ailes, l’un des deux joueurs, à l’image de Lewczuk et Cafù côté droit, doit rentrer de façon franche vers l’intérieur avant de décaler son partenaire qui fait mine de se démarquer du mannequin avant de recevoir le ballon et de centrer. Le jeu reprend et les joueurs semblent prendre la mesure et se faire aux mouvements demandés. Les arrêts sont de plus en plus rares. Mendy bat Costil du plat du pied et confirme son efficacité depuis le début de la séance, à la grande satisfaction de Jocelyn Gourvennec. Lewczuk centre proprement au deuxième poteau, et Kamano tape le ballon de volée d’où il vient, ne laissent aucune chance à Costil. Pendant que le jeu se déroule dans l’axe, Eric Blahic n’hésite pas à replacer Lewczuk sur le côté droit. Pendant que ses partenaires travaillent leurs mouvements, Sabaly poursuit son travail individuel, slalomant balle au pied entre les mannequins, tapant sur une petite planche grillagée et repartant balle au pied vers Kévin Plantet, sans forcer, sur un rythme de croisière.

Pour la dernière fois de la séance, une évolution est proposée aux joueurs. Youssouf fait un faux appel vers le ballon, mais c’est l’un des deux attaquants qui est directement trouvé par Pereira ou Verdon. Une remise dans le petit espace est effectuée pour Youssouf qui lance directement le deuxième attaquant dans la profondeur. Les deux attaquants appellent le ballon, y compris le passeur pour brouiller les pistes. Sur le jeu d’ailes, le joueur intérieur joue un une-deux avec son partenaire et un centre du joueur le plus excentré termine le mouvement. Malcom et Costil participent à un tableau réussi Le premier frappe un ciseau de trois-quart et le deuxième le sort d’une claquette. Dans l’axe, Vada a cédé sa place à Cafù en binôme avec Mendy et a pris la position sur l’aile avec Lewczuk. Après un bon jeu d’appel et contre-appel, Mendy poursuit son parcours presque parfait en marquant d’une frappe croisée très nette. « Ouais, bien joué Diego » s’exclame Eric Blahic. D’un centre du gauche très précis, Contento trouve la tête de De Préville au premier poteau qui part en boulet de canon dans le but. « Bien joué Nico » se réjouit Jocelyn Gourvennec. « Trois buts pour finir » tranche l’entraîneur des Girondins. Au grand plaisir d’Eric Blahic, Lewczuk s’adapte à un ballon un peu en retrait et fait une passe à Vada en talonnant sous sa jambe d’appui. Le centre du jeune argentin est fluide au deuxième poteau, mais le ciseau de De Préville passe au dessus. Cafù décante la situation en marquant d’un tir croisé, applaudi instantanément par Mendy. « Un pour les jaunes » s’exclame Eric Blahic. 

« Olivier, sors du cadre s’il te plaît » demande Jocelyn Gourvennec au cameraman de Girondins TV, trop près du but à son goût. Ce dernier s’exécute et prend du recul. « Allez, deux buts ou deux minutes » tranche le coach bordelais. Mendy frappe en force de façon rasante, Poussin se détend, repousse le ballon, se relève et plonge sur une frappe de Cafù petit côté. Malgré ses efforts et sa main tendue, Poussin ne peut empêcher le ballon freiné de finir au fond des filets. Le jeune gardien bordelais se tape dans la main de rage. Une dernière frappe de Youssouf qui s’était mêlé aux attaquants passe au dessus, et les cris de rage des compétiteurs sont vite éteints par trois coups de sifflets venant ponctuer la séance. Pendant que les joueurs enlèvent les mannequins, et que certains se préparent une séance de coups-francs, Jocelyn Gourvennec s’arrête quelques instants auprès de Nicolas De Préville pour préciser certains points. L’ancien homme fort de Guingamp en profite pour glisser quelques mots à Kamano en allant récupérer un mannequin : « Si le gardien fait l’exploit, c’est comme ça. Mais seul face au but il faut cadrer. » Comme à chaque fin de séance, les joueurs mettent en place des mannequins sur rails pour s’exercer aux coups-francs. Over Mandanda occupe les cages. À sa droite, sur une autre cage amovible, Gaëtan Poussin fait face à Mendy qui enchaîne les frappes lointaines. Après plusieurs frappes qui font mouche de la part de Malcom ou de De Préville et quelques ballons bien touchés par Costil et Prior restés pour s’essayer à l’exercice, Eric Blahic rappelle tout le monde à la raison : « Allez chacun en tire un et on arrête. » Youssouf trouve la barre et son entraîneur lui conseille d’en finir : « Reste là-dessus sinon le prochain tu vas le mettre au dessus. » Le jeune bordelais rétorque avec le sourire en allant chercher un ballon :  « Non je vais marquer. » « François, allez, c’est le dernier » insiste Eric Blahic. Les joueurs finissent par entendre raison et regagnent les vestiaires après une séance riche en mouvements. Application grandeur nature prévue samedi face à Guingamp où les Girondins devront débloquer les situations en faisant le jeu sur leur pelouse.  

Par Florian RODRIGUEZ au Haillan

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