Quel potentiel offensif ! Mais encore faut-il être efficace, solide et décisif. Ces maîtres mots nous manquent cruellement en ce début d'année. Hormis une solide deuxième mi-temps face à Grenoble ( tout de même dernier de Ligue 1), les bordelais n'ont livré aucun match de niveau Champions League. La faute à quoi ? A des adversaires de bas de tableau ? A un physique défaillant ? A un manque de motivation ? Bordeaux aura beau se justifier, les résultats actuels démontrent une équipe fragile.
Certes, la qualité offensive est là, mais le dernier tir, la dernière passe fait encore défaut. Encore ce soir, Bordeaux avec plus de 70% de possession à certains moments du match s'est fait prendre en contre et quels contres ! Marveaux dès la troisième minute du match, bien lancé par Bangoura défiait Carrasso en duel et le battait facilement.
Un début de match catastrophique
Au bout de moins d'un quart de jeu, Bordeaux était déjà mené de deux buts. Le break se faisait sur pénalty. Faute du pauvre Plasil encore excellent ce soir par son application et son sens du jeu. Contre pied de Briand, qui marquait là son premier but en Ligue 1 depuis sa grave blessure (13e). Une fois de plus, Carrasso ne se montrait pas décisif dans les moments clés.
Ce qui est fou est que Bordeaux malgré cette entame diabolique réalisait collectivement une prestation de haute vollée. Gourcuff (34e), Gouffran (35e), Chamakh (37e) loupaient le coche de peu. Des mouvements a une touche de balle, des déviations mais une équipe déséquilibrée et incapable de se replacer correctement à la perte du ballon.
Contre Boulogne, le scénario avait été le même, une équipe qui attend, qui défend bas et qui procède en contres. Les rennais, bien supérieurs offensivement que les boulonnais, ont pu pleinement en profiter. La semaine dernière, Bordeaux s'en était miraculeusement sorti, mais la chance ne sourit pas chaque samedi.
Un pseudo come back
On se disait que les bordelais, certainement secoués à la pause reviendraient avec encore plus d'envie. Mais c'est Rennes qui donnait une nouvelle fois la leçon. Ballon perdu à quarante mètres des buts et en 3 passes, Bangoura d'une frappe puissante trompait Carrasso (48e). Quel réalisme ...
Mais Bordeaux est champion et ce n'est pas pour rien. Bordeaux reviendra par deux fois. Gouffran pourtant très fébrile et prenant souvent les mauvais choix marquait de la tête sur un coup-franc de Wendel (65e). Trois minutes plus tard, Wendel enroulait sa frappe au dessus des têtes rennaises devant un Douchez impuissant. (68e). Wendel, joueur le plus efficace côté bordelais ce soir débutait pourtant sur le banc. Il remplaça Diarra au quart d'heure de jeu blessé. Si une longue blessure se profilait pour la tour de contrôle, cette soirée sans aucun doute aurait un goût de tournant.
Le coup de poignard de Gyan
Nous avons dans notre effectif le numéro 10 de l'équipe de France. Nous avons dans notre effectif le successeur pour bon nombre d'observateurs de Zidane. Mais actuellement, Gourcuff n'est que l'ombre de ce qu'il a été l'an dernier. Trop peu décisif, il ne s'est illustré que par ses coups de pied arrêtés. Mais une fois de plus, pas de but, pas de passe décisive et une activité offensive limitée. Présent en première mi-temps, il s'est complètement éteint en seconde période.
Et c'est bien dommage car Bordeaux avait bien besoin de lui pour obtenir un résultat ce soir. Rappelons-nous la fin de match de l'an dernier et son but dans les arrêts de jeu mais ce soir, ce n'en fut rien. Au contraire, Gyan, lancé plein axe enchaînait petit pont sur Planus et envoyait la balle en lucarne, aidé par une main que trop peu ferme de Carrasso décidément à la rue ce soir.
Bordeaux est toujours premier, mais avec les nombreuses échéances qui arrivent commence très mal son mois de février.