C’est une équipe bordelaise complètement remaniée qui n’a eu aucune difficulté à surmonter la très faible opposition sedanaise (1-0). Les Girondins se qualifient sans briller en demi-finale de la Coupe de la Ligue et affronteront Lorient le 17 février.Bordeaux n’a pas livré face à l’actuel quinzième de Ligue 2 une partie haut de gamme, mais ce qu’on appelle couramment le minimum syndical, dans une configuration propre à la Coupe de la Ligue, puisqu’aucun des joueurs alignés ne furent titulaires trois jours plus tôt face à Boulogne.
Les cadres mis au repos et une qualification aux portes de la finale, avec l’hypothèse de s'adonner à un duel sulfureux face à l’OM au Stade de France, sont donc les seules bonnes nouvelles de la soirée.
Car si le score étriqué ne refléta pas le monde d’écart qui sépare une équipe tenante du titre de la compétition et une formation ardennaise squelettique, désespérément inoffensive, il symbolisa néanmoins la prestation tout à fait anodine des Girondins, accueillie avec sévérité par les tribunes de Chaban-Delmas qui lancèrent certains sifflets en fin de rencontre.
Une manière très déplacée de soulever le peu de spectacle certes proposé, de surcroit au beau milieu d’un silence de cathédrale qui a pesé tout au long de la rencontre, les supporters bordelais étant en grève pour protester face aux mesures de police draconiennes qui ont sévit samedi dernier à l’entrée du stade.
Dans cette ambiance poussive, personne ne prit donc un plaisir faramineux, et Laurent Blanc trouvera certainement le temps long s’il s’obstine à visionner les images d’un match que Gouffran eut l’excellente idée de faciliter.
Son ouverture du score au retour des vestiaires (50e) concrétisait une domination territoriale de son équipe en première période, marquée par une forte possession de balle et des séquences bordelaises tout aussi séduisantes par moment que stériles à d’autres, auxquelles seules la tête de Razic (37e) et une frappe de Tibéri (38e), bien stoppées par Carrasso, répondaient.
Les frappes de Sertic - sur la barre (9e), repoussée par Costil (20e), puis captée par Costil (24e) – ainsi que son coup franc vicieux (42e) furent les tentatives les plus menaçantes devant les cages sedanaises, avec celle soudaine de Bellion (30e) à droite du poteau de Costil, qui n’augura pourtant pas un match de bonne facture pour l’attaquant bordelais, dont le jeu de remise est toujours aussi défectueux.
Les dernières et rares velléités de Sedan s'éteignaient par l'expulsion de Razic à l’heure de jeu, qui laissa son équipe traverser la seconde mi-temps comme un désert, trouvant même le moyen de reculer à mesure que Bordeaux faisait tourner le ballon sans mouvement et sans une réelle envie de doubler la mise.
Dans ces conditions, les débats finissaient même par devenir trop facile pour certains bordelais, en mal de rythme devant leur propre désintérêt et l’apathie adverse. La frappe sèche de Saivet (65e), le pointu de Jussiê après un bon contrôle (84e), ou encore la tête de Bellion de peu à côté (85e) confirmaient la tendance du match : assez ennuyeuse et très déséquilibrée.
Mais le constat essentiel était ailleurs : à l’aube d’un mois de février surchargé et décisif, les Girondins ont le mérite de poursuivre sur leur dynamique collective et se sont donnés les moyens de croire au triplé national. Un pari naturel, au vu de l’appétit féroce des Girondins, que pour autant personne n'espère dangereux…