Et maintenant, on fait quoi ?

17/01 - 12:00 | Il y a 1 mois

Nous sommes mi-janvier, et les Girondins de Bordeaux sont éliminés des deux Coupes nationales. Sur ce point, le Bordeaux de Paulo Sousa ne fait pas mieux que le Bordeaux de Ricardo et Bedouet qui avait chuté en coupe la saison dernière au même moment. En championnat, Bordeaux compte un point de plus seulement par rapport au précédent exercice (26 points contre 25 points). Comment en sommes-nous arrivés là ? Quelle est la suite ?

À MARSEILLE UNE CASSURE DANS LA CONFIANCE

À mi-saison la déception est justifiée autant sur le jeu produit que sur les résultats. Si la dynamique positive de début de saison a permis à l'ensemble le groupe d'être performant avec cette 3e place comme récompense, le match à Marseille marque un tournant. Le 8 décembre dernier, alors que Bordeaux (3e) menait 1 à 0 à la mi-temps, la deuxième mi-temps est catastrophique. Les joueurs s'efforçant de respecter les principes de jeu de Paulo Sousa font des erreurs de relances grossières, ce qui coûte la victoire et bien plus. En effet, alors que le coach félicite ses troupes malgré le cinglant trois à zéro encaissé en 45 minutes, le mal est là. En voulant respecter les principes coûte que coûte Bordeaux a perdu, les joueurs le savent et la confiance s'étiole. Pourquoi ne pas avoir joué autrement pour conserver ce résultat ? Certains joueurs doivent peut-être se poser cette question. La confiance dans les principes de jeu a pris un coup.

ENCHAÎNEMENT DE DÉFAITES, STIGMATISATION DES JOUEURS

Depuis cette deuxième mi-temps contre l'OM, Bordeaux perd à domicile face à Strasbourg (0-1), à Brest (2-0), à Rennes (1-0) et contre Lyon (0-1) au Matmut. Le point commun de ces défaites est le manque de confiance des joueurs dans le système et l'animation de jeu employée par l'équipe.  À chaque fois, l'adversaire se joue facilement de la tactique de l'équipe bordelaise. Excepté avec ses cadres (Costil, Koscielny, De Préville, Benito et Briand) Paulo Sousa ne semble pas pouvoir s'appuyer sur d'autres joueurs. C'est Briand qui débloque le 32e de finale de Coupe de France remporté face au Mans (2-0). Paulo Sousa a pointé après Lyon plusieurs joueurs sans les nommer, déclarant que "certains se croient arrivés", et ajoutant "c'est le club med à Bordeaux". Pourtout les séances sont intenses, et l'encadrement des joueurs est important avec un staff omniprésent. Par exemple, en défense Pablo et Mexer peinent à se situer dans cette organisation à trois défenseurs. Kalu, Sabaly ou encore Kamano ne comprennent pas le rôle de piston. Enfin, le jeune Yacine Adli donne l'impression d'être perdu sur le terrain.

PAS DE REMISE EN CAUSE SYSTÈME DE JEU ET DE L'ANIMATION

Paulo Sousa a expliqué depuis le début de la saison que son système de jeu en 3421 et son animation avec une possession de balle et un jeu de transition vers l'avant en phase offensive, étaient selon lui la meilleure façon de faire progresser ses joueurs et son équipe. Pourtant, depuis le 8 décembre à Marseille, Bordeaux ne produit pas de jeu vers l'avant, ne casse pas les lignes, et se montre même friable face à des joueurs évoluant en National. Le choix hier face à Pau de positionner un milieu de terrain composé de Maxime Poundjé (gauche), Youssef Aït-Bennasser (axe), Adli (axe) et Cafu (droite) sans joueur à la récupération dans l’axe a lourdement handicapé l'équipe. La compostion d'équipe expérimentale à chaque ligne (défense, milieu et attaque) n'a pas apporté de bénéfice.

LAISSER PASSER L'ORAGE ET RESTER FIDÈLE AUX PRINCIPES ?

Paulo Sousa est un homme de conviction et de principes. Très professionnel et organisé dans son approche du jeu, de la performance et de la communication, il croit en sa méthode pour faire progresser le jeu et les résultats. Il sait que cela demande du temps, et l'actionnaire lui en laisse. Pour autant, il va devoir rapidement convaincre l'ensemble de ses joueurs d'adhérer à ses convictions de jeu pour continuer à avancer, et stopper l’hémorragie de défaite. Paulo Sousa devra-t-il mettre de l'eau dans son vin pour récupérer les joueurs perdus et ressouder le groupe ? Saura-t-il le faire ? Sans résultat positif, le travail du staff et des joueurs sera très compliqué face à la pression des supporters et des médias. Bordeaux a huit jours pour se remettre à l'endroit et être compétitif à Nantes dimanche 26 janvier pour le derby.

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