Montpellier, acte 2
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Privés de Rolland Courbis qui a décidé de quitter le club, les Montpelliérains entament la deuxième partie de championnat avec le duo Pascal Baills-Bruno Martini et l’idée de poursuivre leur redressement au classement. Entre équilibre et nouveauté.
La forme de Montpellier depuis le match aller
Au plus mal avec une seule victoire en neuf rencontres, Montpellier était venu décrocher un nul sur la pelouse de Bordeaux le 18 octobre dernier (0-0). Une prestation fade et un résultat sans saveur pour des Girondins qui allaient sombrer dans une crise de confiance à partir de cette rencontre au contraire de leurs futurs adversaires de samedi qui ont redressé la barre. Depuis cette rencontre, l’équipe de Louis Nicollin va mieux. Beaucoup mieux. 18eme avec 5 points au soir de la 9eme journée, le MHSC s’est transformé pour devenir, à l’aube de cette 20eme journée, le 15eme de L1 avec 22 points, soit une unité de retard sur Bordeaux (14eme) et 3 sur Marseille (10eme). Depuis le match aller, Montpellier a gagné à cinq reprises, partagé deux fois les points, et s’est incliné à deux occasions. Le faux-pas à domicile face au Gazélec le 2 décembre (0-2) ou la courte défaite à Nice avant les fêtes (1-0), ne doivent pas occulter quelques résultats très encourageants. Le match nul à Marseille en décembre (2-2) ou la série de trois victoires de rang avec en point d’orgue une volée de bois vert infligée à Lyon sur sa pelouse (2-4) font partie de ces résultats très positifs. Mais au-delà de l’aspect comptable, c’est le jeu des Héraultais qui a changé. Plus mordants, plus incisif, et redoutables en contre-attaque, les Montpelliérains ont entamé leur mue. Avec un bémol à apporter puisque ces changements s’étaient opérés sous la direction de Rolland Courbis qui a décidé de mettre fin à ses fonctions d’entraîneur au sein du club. Pascal Baills et Bruno Martini devront imprimer leur style sur l’équipe tout en conservant la dynamique favorable qui pousse les coéquipiers de l’ancien bordelais Paul Lasne depuis le match aller en Gironde.
Le point sur l’effectif
Le seul ancien bordelais de l’effectif montpelliérain est justement Paul Lasne. Triste ironie du sort, le joueur formé aux Girondins s’est donné une rupture des ligaments croisés du genou à l’issue de ce fameux match aller entre Bordeaux et Montpellier symbolique à bien des égards. Une blessure sévère dont avait été victime Morgan Sanson, jeune milieu prometteur du MHSC, quelques mois plutôt, avant de revenir en novembre sur les terrains. Dans un style récupérateur-relanceur, Sanson fait du bien à ce nouveau Montpellier. Un Montpellier bien meilleur en contre, où Ryad Boudebouz commence à trouver ses marques. Remplaçant d’Anthony Mounier à l’animation et dans un style différent, Boudebouz commence à présenter des statistiques correctes avec un but et surtout quatre passes décisives dans les jambes. L’évolution du style de jeu de l’équipe passe aussi par les performances remarquées de joueurs comme Jérôme Roussillon capables d’avaler leurs couloirs et de porter le danger rapidement dans le camp adverse. Mais c’est surtout en attaque qu’un changement est intervenu avec la prise de pouvoir du jeune Casimir Ninga, joueur tchadien de 22 ans. Lorsque Montpellier s’était déplacé à Bordeaux, aucun attaquant n’avait encore trouvé le chemin des filets. Ninga s’est chargé de changer la donne en marquant à six reprises. Le joueur tchadien est poursuivi au classement des buteurs par Souleymane Camara, auteur de trois réalisations. La défense, elle, est toujours pilotée par l’incroyable vétéran Vitorino Hilton. L’ancien lensois, âgé de 38 ans a encore été impressionnant à Nice lors de la dernière journée des phases aller avec un tacle au cordeau sur Valère Germain en pleine surface de réparation. Une image de geste défensif, qui, une fois n’est pas coutume, a fait partie des résumés télévisés proposés par les grandes chaînes de sport. La défense, côté mercato, pourrait changer quelque peu de visage puisque des rumeurs envoient Daniel Congré à Aston Villa, et les médias belges parlent d’un intérêt de Montpellier pour l’ancien jeune talent Anthony Vanden Borre (28 ans, Anderlecht).
3 questions à... Michel Rodriguez (Défenseur central du MHSC entre 1996 et 2001 - Actuel manager du FC Rouen)
WebGirondins : Montpellier était presque donné pour perdu au mois d’octobre et s’est redressé de façon spectaculaire jusqu’à la trêve. Où se situe selon-vous le niveau de cette équipe ?
Michel Rodriguez : Il faut d’abord se rendre compte que depuis le titre de champion de France, l’équipe a perdu beaucoup de bons joueurs. L’effectif actuel est taillé pour finir entre la 6eme et la 14eme place. Pour se mêler à la lutte européenne ça paraît maintenant très compliqué à cause de ce début de saison totalement raté. Montpellier est un club qui à vocation à être pérenne en L1 et capable de faire des coups en coupes ou parfois en championnat. C’est un club qui se situe dans un autre championnat que celui des grosses écuries. Le début de saison était catastrophique en termes de points, mais les résultats depuis deux mois sont positifs. Cette année, connaissant la maison, le MHSC va essayer d’assurer le maintien et tenter le coup en coupe. Il y a un président passionné en la personne de M.Nicollin qui aime la Coupe de France et qui est capable de véhiculer ses émotions aux joueurs. Le MHSC c’est un club que Louis Nicollin a quand même repris en Division Honneur et il a créé une vraie culture club. Il y a des valeurs autour de ce maillot et elles reviennent toujours dans les moments difficiles.
WebGirondins : Pouvez-vous nous parler du duo Pascal Baills-Bruno Martini ? Est-ce que ce sont des gens que vous connaissez ?
Michel Rodriguez : Ce sont deux personnes qui faisaient partie de l’effectif quand j’ai débuté chez les professionnels en 1996. Pascal Baills c’est vraiment l’âme du club, c’était un joueur rugueux et dur sur le terrain. Bruno Martini, c’est la sérénité, le professionnalisme presque poussé à l’extrême. En tant que jeune qui débutait, j’ai retiré beaucoup de ces deux personnages et de leur façon de voir le football professionnel. C’est un duo qui est complémentaire, c’est un peu le feu et l’eau. Pascal est quelqu’un de posé mais qui est aussi sanguin parfois à contrario de Bruno qui est très réfléchi et connaît bien les rouages du football, notamment avec ses années passées à la Fédération Française de Football. Je pense que le choix de ce binôme est le bon. Ils en imposaient déjà dans le vestiaire par leur charisme lorsque je jouais. Ils véhiculaient de grosses valeurs. L’engagement de ces personnes était total. La préparation de Bruno Martini était exemplaire, il n’y a pas d’autre mot. Tout était calculé, rien n’était laissé au hasard et ce genre de comportement avait une très bonne influence dans le vestiaire. Pascal Baills va être à l’image de ce qu’il était sur le terrain : rigoureux mais amoureux du foot et du jeu. Bruno Martini, de son côté, transmettra beaucoup aux jeunes joueurs.
WebGirondins : Comment voyez-vous ce prochain Montpellier-Bordeaux ?
Michel Rodriguez : C’est un premier match de la phase retour avec deux équipes qui ont besoin d’un résultat pour se relancer dans ce deuxième acte. Je vois un match assez animé quand même parce que les deux équipes vont chercher la victoire. Je pense que les spectateurs vont avoir un bon match de foot. Je trouve qu’on est très sévères avec Bordeaux en général parce que c’est un club qui est extrêmement régulier au haut niveau. Sur ce match je pense que ce serait une très belle performance pour Montpellier de réaliser un résultat, maintenant je pense que l’équipe en est capable si je me fie à ce qu’elle démontre depuis plusieurs semaines.
Par Florian RODRIGUEZ