Toulouse, la même chanson
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Mal classés en ce début de championnat (16emes), les Toulousains se rendent à Bordeaux avec une urgence : celle de prendre des points pour s’éviter une saison similaire à la saison 2014-2015 qui les avait propulsés aux portes de la L2.
Le début de saison
Bien partis avec une victoire importante sur Saint-Etienne (2-1), les Toulousains ont de suite été freinés à Caen lors de la 2eme journée (1-0). Malgré un match accroché, Toulouse a manqué l’occasion de se rassurer et d’entamer un cycle positif avec un match nul qui aurait placé l’équipe sur de bons rails. Prendre un point au Stade Malherbe Caen aurait également permis aux joueurs de Dominique Arribagé d’aborder la réception difficile de Monaco avec moins de pression. Globalement meilleur qu’une équipe monégasque qui se cherchait, Toulouse n’a pu faire mieux qu’un match nul (1-1) sur ses terres. Une défaite sur le terrain de Rennes (3-1) et un nul à domicile face à Reims plus tard (2-2), le club haut-garonnais se retrouve en mauvaise posture sans avoir réalisé un début de saison catastrophique. Mais des défauts récurrents sont toujours présents, et les matchs face aux Rennais et Rémois les ont soulignés. Sur la pelouse du précoce épouvantail rennais, les joueurs du président Sadran, se sont écroulés. Malmenés malgré l’ouverture du score de Braithwaite, les coéquipiers d’Etienne Didot n’ont pas tenu la cadence et ont subi un réveil rennais qui les a privés d’un résultat qui aurait là encore validé la prestation solide réalisée face à Monaco. Fébriles à l’extérieur, les Toulousains qui semblent mieux maîtriser leur sujet à domicile ont pourtant failli face à Reims. Dominateurs en première mi-temps, avec un avantage au score confortable (2-0), les Violets ont laissé échapper la victoire en 2eme mi-temps. Ce début de saison toulousain marque une faiblesse qui atteint la confiance d’une équipe pas totalement hors-sujet, ni vraiment surclassée par ses adversaires, mais qui souligne une irrégularité habituelle mais handicapante. Avec les mêmes lacunes que la saison dernière, non-compensées par le recrutement - seuls deux joueurs sont arrivés - Toulouse se doit de reprendre le fil pour ne pas revivre une saison cauchemardesque.
L’effectif, les recrues
L’effectif toulousain n’a pas beaucoup bougé à l’inter-saison. Mauro Goicoechea, gardien de but, et Somalia, milieu de terrain, sont les seuls joueurs à avoir intégré l’effectif toulousain. Marcel Tisserand qui a de nouveau été prêté par Monaco, faisait lui parti de l’effectif du TFC la saison dernière. Le poste de gardien de but est toujours le poste sensible pour Toulouse. Zacharie Boucher en difficulté, au même titre qu’Ali Ahamada, a été transféré à Auxerre. C’est désormais Mauro Goicoecha (27 ans), gardien uruguayen transféré du club d’Arouca au Portugal, qui garde les buts du club de la ville rose. Peu à l’aise lors de la défaite à Rennes (3-1), Goicoechea est présenté comme un bon gardien qui peut pourtant avoir tendance à subir des baisses d’attention. Ali Ahamada, longtemps malmené, passant régulièrement du poste de remplaçant à celui de titulaire déchu et décrié, pourra encore une fois avoir sa chance en cas de défaillance du numéro 1. La défense reste inchangée avec des joueurs de devoir comme Jean-Armel Kana-Biyik, Uros Spajic, Jean-Daniel Akpa-Akpro ou encore Pavle Ninkov. Sous des aspects de rigueur et de sérieux, la défense toulousaine n’évolue pas sous un grand soleil n’ayant pas encore réussi un match sans encaisser de but. Devant la défense, on retrouve encore des noms habituels comme Etienne Didot, Oscar Trejo ou Tongo Doumbia. Ce dernier, élément moteur du milieu toulousain la saison dernière, doit faire avec une condamnation judiciaire suite à des infractions routières (peine de prison ferme de 8 mois sans mandat de dépôt) et n’a pas entamé la saison dans les meilleures conditions. Entouré de jeunes prometteur comme Yann Bodiger ou Alexis Blin, Doumbia devra montrer l’exemple en affichant des performances à la hauteur de son potentiel. Le dernier élément du milieu de terrain, le Brésilien Somalia, a disputé 4 rencontres et a été transféré de Ferencvaros (Hongrie). Enfin, l’attaque signe à merveille le déséquilibre toulousain. Quand Martin Braithwaite est pour le moment prolifique (3 buts en 5 matchs), le feu-follet Wissam Ben Yedder, véritable arme offensive de premier plan de Toulouse ces dernières saisons, est très discret. Avec 1 but en 5 rencontres, Ben Yedder réalise un début de saison qui n’est pas à la hauteur de son potentiel. Resté à Toulouse à contre-coeur, l’ancien joueur de futsal ronge son frein et des tensions sont apparues entre le joueur et ses supérieurs. Une situation instable qui pourrait miner une équipe toulousaine qui surfe sur les mêmes vagues depuis plusieurs mois.
3 questions à... Arnaud Souqué (Journaliste Sportif pour Radio France et suiveur du Toulouse Football Club)
WebGirondins : Toulouse est 16eme avant de se rendre à Bordeaux. Pourtant le club ne présente pas un début de saison catastrophique. Comment expliquez-vous ce classement ?
Arnaud Souqué : C’est un début de championnat bizarre. Ce n’est pas trop mal dans le jeu, il y a du positif car on ne s’ennuie pas à regarder jouer Toulouse. Il y a eu de très bonnes choses contre Reims, mais là où des équipes expérimentées vont tuer le match et rajouter un but à 2-0, là où le poteau sera rentrant, là où le gardien adverse ne sortira pas un grand arrêt, Toulouse se fait rejoindre. Il y a toujours quelque chose qui ne va pas avec Toulouse. Mais il n’y a pas eu que des bonnes choses non plus. On peut penser raisonnablement que cette équipe devrait compter 3 points de plus et être dans la première partie de tableau. Ce qui explique son classement, c’est son mauvais match à Caen, son match nul contre Monaco alors que la victoire aurait été logique. Ensuite, il y a eu un nouveau non-match à l’extérieur à Rennes. Contre Reims, les joueurs se sont arrêtés de jouer trop vite. En deuxième mi-temps, il n’y avait plus le même engagement qui avait permis de prendre aisément l’avantage (2-0). À la reprise, ils ont arrêté de jouer alors qu’ils avaient réalisé une bonne première période. Ça ressemble au début de saison dernier avec un bon début de saison qu’on ne peut pas convertir en points. Je suis inquiet car j’ai le sentiment que la confiance va s’étioler. Le niveau affiché sur certaines phases de matchs peut répondre aux exigences du président qui demande un classement entre la 5e et la 10e place. Mais tu joues aujourd’hui le maintien car tu ne peux jouer que ça quand on regarde la réalité sportive.
WebGirondins : Pouvez-vous nous parler de l’effectif toulousain ? Comment a-t-il évolué cette saison ?
Arnaud Souqué : Le sujet mercato est spécial à Toulouse, car le principal problème du mercato a été Ben Yedder. Le cas a été mal géré parce que le président avait promis un bon de sorti si une belle offre arrivait, et elle est arrivée avec le FC Séville. Au final, Ben Yedder est resté et il semble démotivé car cela lui a miné un peu le moral. Contre Reims il est sorti et n’a pas serré la main du coach. Il s’en est suivi un conflit dans le vestiaire puisqu’un clash est intervenu entre Dominique Arribagé, Olivier Sadran et le joueur à qui le président et le coach ont vertement reproché un mauvais comportement. Finalement, c’est la seule chose que je retiens du mercato toulousain car c’est le point central. Goicoecha est vendu comme un bon gardien, mais il a connu des moments compliqués dans sa carrière. Au lieu de mettre une bonne fois pour toute un peu d’argent sur un gardien fiable, on va chercher un joueur dont on ne connait pas vraiment le niveau du côté de Toulouse. Somalia, l’autre recrue, semble prometteur, mais c’est un Brésilien et il faut voir sur la longueur s’il s’adapte au championnat. Au niveau de l’effectif, on peut se satisfaire de la récente réussite de Braithwaite, mais ensuite on voit aussi que la défense n’est pas formidable de son côté. Toulouse n’a plus une défense très solide comme c’était le cas avec Mauro Cetto et Daniel Congré ou plus récemment avec un taulier comme Aymen Abdenour. La défense représente vraiment un problème car elle n’est pas imperméable cette saison. Il y a quelques milieux corrects sinon. Je crois beaucoup aussi dans la jeune génération qui arrive à Toulouse mais le souci c’est que ces joueurs sont trop jeunes et on ne peut pas leur demander de porter l’équipe à bout de bras. Dominique Arribagé a bien redressé l’équipe, mais il fait ce qu’il peut actuellement.
WebGirondins : Comment voyez-vous Bordeaux-Toulouse ?
Arnaud Souqué : Ça m’inspire que si Jussiê se remet à marquer et à être aussi bon qu’il l’était il y a quelques années, ce match tombe au mauvais moment côté toulousain. Plus sérieusement, je pense que ce sera très compliqué pour Toulouse. Je ne dirais pas que Bordeaux est la bête noire, mais ces dernières saisons on ne peut pas dire que cette équipe réussisse au TFC. Il suffit de regarder le parcours de Toulouse à l’extérieur pour se rendre compte qu’il y a un petit problème loin du Stadium. Même si Bordeaux n’est pas forcément extraordinaire, je ne veux pas jouer l’oiseau de mauvaise augure mais je le sens mal pour Toulouse. Je ne vois pas une grosse défaite, mais plutôt un 2-1 pour Bordeaux, ou alors un 2-2 à l’arrachée.
Par Florian Rodriguez