Christophe Dugarry : "J'ai envie que ce club redonne des émotions, mais pas à n'importe quel prix"

03/05 - 09:55 | Par la rédaction | Il y a 4 ans
Ancien joueur emblématique des Girondins de Bordeaux, Champion du monde 1998, Christophe Dugarry s'est confié à Bordeaux Le Mag.
Christophe Dugarry : "J'ai envie que ce club redonne des émotions, mais pas à n'importe quel prix"

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Retrouvez ci-dessous un extrait de ses propos concernant sa vision des Girondins, son club et sur tout sa vision du football. La vidéo complète est disponible en bas de page.

"Je suis terriblement en colère envers M. Juppé, envers M. Tavernost, M6"

Christophe Dugarry dans Bordeaux Le Mag  : "C'est mon club. Certains pensent que parce que j'ai des mots durs envers mon club, que je ne l'aime pas. Non, pas du tout. Au contraire, c'est mon club. J'avais la larme à l'œil quand le club est descendu. Ça a été très dur.

Ma chérie me disait, « T'as la larme à l'œil ? » Je lui disais, « Oui, ça me fait quelque chose quand le club est descendu. » Ça m'a profondément touché. Je suis très en colère par rapport aux anciens acquéreurs, les Américains qui ont débarqué avec la bande de Portugais qui nous ont tout fait. Je suis terriblement en colère envers M. Juppé, envers M. Tavernost, M6, qui ont vendu le club à ces gens-là. Ça n'appartient pas plus aux joueurs qu'aux autres. C'est un club, ça veut bien dire ce que ça veut dire. Ça appartient à beaucoup de gens. Mais oui, je suis en colère de voir ce qu'on a fait de notre club. Ce que certains ont fait de notre club sans aucune vergogne."

"Je n'ai pas envie que seulement ils remontent"

"Aujourd'hui, le monde est un peu comme ça et ça fait de la peine. Je n'ai pas envie que seulement ils remontent. J'ai envie que ce club… Aujourd'hui, le football a pris une certaine direction. Le football est dans un business de trading, de joueurs. J'ai envie que ce club redonne des émotions, mais pas à n'importe quel prix. Je pense qu'aujourd'hui, on peut revenir à des valeurs de jeu, de passion, de s'identifier au club, d'aimer le club, de partager quelque chose. Mais pour ça, il faut retrouver une identité forte.

Je pense que c'est possible. Après, c'est un discours qu'il faut avoir, il faut montrer l'exemple. Je pense qu'il y a des clubs… Je ne sais pas comment t'expliquer, mais… j'ai envie qu'il y ait une identité forte. J'ai envie que les gens soient contents d'aller au stade. Après, qu'on ne soit pas troisième, quatrième, cinquième. On ne joue pas la Ligue des Champions, je m'en fiche. Moi, je préfère qu'on soit… un club vertueux. Que les gens soient contents d'aller au stade. Que tu ne surpayes pas des mecs qui n'ont rien à carrer."

Avoir un Bordeaux vertueux

 

"Le football d'aujourd'hui, le modèle économique, il est à gerber. C'est détestable. Moi, je n'ai pas envie de vivre ça. Qu'on finisse dixième les dix prochaines années, moi, ça me conviendra. Mais par contre, on n'a pas de déficit. Les gens sont sûrs de toucher leur paye. Les salariés, des événements, des prestations, des soirées. Que les joueurs soient contents de jouer ensemble. Qu'ils soient contents de partir au vert. Qu'ils soient contents de partager ensemble. Un truc familial. Je pense que c'est encore possible. Si tu as un peu moins de chance, ou un peu moins performant, tu descends dans la Ligue 2. Si tu descends en Ligue 2, le club n'aura aucune chance de descendre parce qu'il sera sain, il sera vertueux. Et il remontera aussi facilement. Je n'ai pas envie qu'on soit dans la course à la saucisse ou à l'échalote. Avec les autres devants qui investissent des milliards et des milliards jusqu'au jour où ils se rendent compte que même leurs milliards ne suffisent pas pour gagner les Ligue des Champions.
Donc tu ne t'en sors pas. Je n'ai pas envie de ce football-là. Il ne m'intéresse pas.

On se fait la Coupe de la Ligue, on se fait la Coupe de France. De temps en temps, on va recevoir Paris, Marseille. Ça leur fera peur de venir jouer à Bordeaux. Ils savent qu'ils vont se faire chahuter. Ils ne gagneront peut-être pas souvent, mais ils savent qu'ils vont se faire chahuter. Ils savent que ça va être compliqué. Partager avec tes supporters, faire des événements, des soirées. J'ai envie de retrouver un football. Parce que le football de maintenant, sincèrement, il est à gerber. Il est horrible. J'ai envie qu'il remonte. Mais si c'est pour se filer dans la course comme ça, je ne veux pas plus que ça."

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