Jean-Marc Mickeler (DNCG) : “Sans apport, il est peu probable que la majorité des clubs puissent survivre à la saison”

11/06 - 14:58 | Il y a 1 semaine
Jean-Marc Mickeler, patron de la DNCG, a évoqué la santé des clubs de Ligue 1, mais aussi du football français en général.

"Le football français a généré 900 millions de plus-values session"

Jean-Marc Mickeler : “Le record en matière de session et de plus-value de joueur pour équilibrer ce milliard d’euros de déficit a été atteint il y a 3 saisons maintenant. Le football français a généré 900 millions de plus-values session, record historique.

En moyenne avant la crise du Covid-19, on était plutôt sur des montants qui étaient compris entre 500 et 600 millions d’euros. Dans les 2-3 saisons qui viennent, je m’attends à avoir des montants qui seront plutôt de l’ordre, en moyenne, de 200 à 300 millions d’euros.

On est dans un modèle aujourd’hui où l’on a une base de coût à installer, qui est de l'ordre de 2,8 - 2,9 milliards d’euros. On a une capacité de génération de revenus qui, si on prend des droits télé autour de 650 millions d’euros, serait de l’ordre de 1,7 milliard. Donc vous voyez bien qu’on est dans un modèle qui n'était pas pérenne, qui permettait d’affronter, éventuellement, une crise.” 

"Affronter le Covid, en plus du défaut de Mediapro, c'était mission impossible"

“Le football professionnel français est rentré dans la crise du Covid avec 1,7 milliard d’euros de fonds propre et 500 millions d’euros de dettes. Si elle n'avait dû affronter que le Covid, on aurait pu imaginer que ce niveau de fond propre aurait permis de passer cette crise avec un minimum d’encombre.

Affronter le Covid, en plus du défaut de Mediapro, c'était mission impossible. Le football français va sortir là, d’ici 15 jours, au 30 juin à la fin de cette saison 2020-2021, il restera un demi-milliard d’euros de fonds propre, mais c’est l’arbre qui cache la forêt, parce que ce demi-milliard, il est localisé sur deux ou trois clubs. Tous les autres clubs auront des fonds propres à zéro voire des fonds propres négatifs.

"La dette sera passée de 500 millions à 1 milliard"

La dette sera passée de 500 millions à 1 milliard. Sans restructuration et donc sans procédure collective, qui est l'hypothèse de travail, on restera avec une base installée de coût de l’ordre de 2,8 - 2,9 milliards. Vous suivez comme moi l’actualité, on en sera un petit plus vendredi, mais si on table à 600 ou 650 millions d’euros de droit audiovisuel domestique, on sera autour de 1,7 milliard de revenus prévisionnels pour 2021-2022.

Sans apport massif, des actionnaires existent, il est peu probable que la majorité des clubs puissent survivre à la saison 2021-2022.”

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