Les Girondins encore trop fragiles pour être ambitieux ?

01/12 - 01:00 | Il y a 2 ans
Les Girondins ont enchaîné sur une deuxième performance encourageante face à Paris ce week-end. Que retenir de ce match ? Quels sont les enjeux pour les semaines à venir ? On vous livre notre analyse.
Les Girondins encore trop fragiles pour être ambitieux ?

© Iconsport

Les deux faces d’une même pièce 

Cette rencontre face au PSG ce week-end est symptomatique du manque de constance de Bordeaux depuis le début de saison. Capable de prestations solides, cette équipe est aussi susceptible de s’effondrer en quelques minutes. Comme en première mi-temps hier, où après un début de match plutôt solide et une ouverture du score, Bordeaux a pris deux buts coup sur coup.

Mais ce qui est encourageant, c’est que les Bordelais ont prouvé pour la première fois cette saison qu’ils étaient capables de recoller au score, face à un adversaire de prestige. Comment l’expliquer ? Sûrement que la confiance reste très facilement friable au sein de cette équipe "traumatisée", comme l’a mentionné Jean-Louis Gasset à son arrivée.

Comment soigner ce manque de régularité ? La stratégie de l’entraîneur bordelais est claire : réinstaurer un "état d’esprit", terme qu’on ne cesse d’entendre ces dernières semaines. C’est par la volonté de regarder de l’avant et de travailler dur que Bordeaux arrivera à mettre à mal ce malaise collectif qui ronge les performances sportives du club depuis un certain temps maintenant. Et hier face au PSG, ce changement de mentalité qu’essaye d’induire Jean-Louis Gasset à ses hommes a été tangible. Bordeaux a fait preuve de caractère et ne s’est pas laissé abattre. Espérons qu’une nouvelle fois tout ne s’écroule pas comme un château de cartes dimanche prochain face à Brest…

Gasset a-t-il trouvé la "bonne formule" ?

D’un point de vue plus tactique, beaucoup ont reproché à Jean-Louis Gasset en ce début de saison son manque de continuité dans le choix des joueurs et dans les schémas tactiques. Lui qui est arrivé dans l’urgence au mois d’août, est à la recherche depuis des semaines de la fameuse "bonne formule".

Les dernières rencontres des Girondins commencent à donner plus de certitudes et de visibilité à l’entraîneur bordelais. Un bloc plus haut, des transitions rapides, une solidité défensive… Voici ce qui a payé face à Rennes et face à Paris hier. L’arrivée de Ben Arfa fait également énormément de bien. Véritable électron libre, exemptés de consignes défensives, il est le maestro de cette équipe.

La charnière centrale Baysse-Koscielny semble solide, le binôme Otavio-Basic progresse, Zerkane et Maja commencent à s’installer dans le onze (80 minutes de temps de jeu pour Maja face à Paris). Gasset a également l’équipe avec les remplaçants les plus efficaces de Ligue 1 (cinq buts marqués par les entrants cette saison). Il semble avoir créé les contours d’un vrai groupe, évoluant au sein d’un 4-4-2 amovible que les joueurs commencent à bien assimiler. Les Girondins ont désormais une base sur laquelle s’appuyer.

Enfin un peu d’ambition ?

On a entendu à de multiples reprises en ce début de saison que Bordeaux devait se concentrer sur "son championnat". On pouvait y voir sûrement la "réaction à chaud" de protagonistes qui sont frustrés de ne pas avoir pu rivaliser face à des équipes comme Marseille, Monaco ou Montpellier…  

Pourtant, comment une équipe peut-elle avancer en se contentant de regarder en bas ? Hatem Ben Arfa l’a bien compris. En conférence de presse, ce dernier mentionnait clairement l’existence "d’objectifs" en interne : "Le coach est serein. On sait où on veut aller et vous allez voir qu’on y sera, et même mieux. Je peux vous signer un papier devant vous".

Ainsi, si la perspective d’affronter Rennes et Paris n’était pas réjouissante, les Girondins sont finalement parvenus à montrer qu’ils avaient de l’orgueil et à obtenir quatre points sur six face à deux gros du championnat. Et même si ce n’était pas le Paris des grands jours hier, les joueurs ont cru en leurs chances, et ça se voyait. Maintenant, comme l’explique Paul Baysse, "ça n’aura de la valeur que si on fait un match contre Brest". Car l’éternel enjeu des Girondins ces dernières saisons et de toute équipe qui veut viser le haut du tableau, c’est la régularité.

Une bonne performance par-ci par-là, ça ne suffit pas pour un Bordeaux, seulement 13e du championnat. Il faut désormais parvenir à enchaîner.

Jean-Louis Gasset a multiplié les entretiens individuels avec les joueurs