Lorient va jouer le jeu

01/05 - 06:25 | Par la rédaction | Il y a 12 ans

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Engagé dans une lutte farouche pour le maintien en L1, malgré son impressionnante victoire à Marseille (3-5), Lorient continue de pratiquer un football chatoyant. Et les Merlus comptent poursuivre sur ce chemin jusqu’au bout.

La forme de l’équipe

Les observateurs étrangers de football doivent perdre leur latin en évoquant l’équipe lorientaise. Comment une équipe capable de battre largement Marseille sur son terrain peut-elle se retrouver à lutter pour sa survie ? Étincelants sur le terrain marseillais -d’aucuns diront, peut-être à tort, que Marseille pâtit de lacunes défensives - les joueurs de Sylvain Ripoll ont présenté leur meilleur visage au Vélodrome : très bons dans le jeu et très efficaces. L’efficacité, un domaine qui a réduit à néant les efforts de jeu du FC Lorient cette saison et empêché le club de mieux se situer au classement. Partis sur les chapeaux de roues avec une victoire à Monaco (1-2), les Lorientais ont subi un mois de septembre foudroyant marqué par 4 défaites consécutives sans inscrire de but à l’adversaire. Depuis cette période fatale, le club morbihannais peine à remonter la pente, n’ayant pas réussi à réaliser une série inverse pour rattraper ce déficit accumulé en septembre. Le calendrier des Merlus s’est construit autour périodes intéressantes (victoires à Bastia et Evian en octobre ; mois de février à 7 points sur 9 avec un bon nul à domicile face à Lyon) entrecoupées de passages tourmentés (4 points sur 12 possibles en janvier). Avant de réussir son exploit à Marseille, Lorient restait à domicile sur une défaite cinglante face au voisin rennais (0-3) et une défaite face au concurrent toulousain (0-1) avec un nul chez la lanterne rouge lensoise au milieu de cette ornière (0-0). Repartis sur une note extrêmement positive avec ces trois points récoltés en Provence, les joueur bretons joueront face à Bordeaux un match crucial pour se préparer une fin de saison plus positive.

Les joueurs, l’effectif

L’effectif change, mais la qualité de jeu, l’envie de produire un football cohérent ne change pas. Chaque saison Lorient permet à des joueurs d’éclore ou de s’affirmer. Christophe Jallet, Jérémy Morel ou Kevin Gameiro sont les noms les plus marquants. Aujourd’hui, c’est au tour de Benjamin Lecomte, dans les cages, d’être dans la lumière. Le portier des Merlus est le gardien de L1 qui a réalisé le plus d’arrêts. Le paradoxe lorientais se poursuit à tous les étages de la fusée, avec des joueurs de qualité, à commencer par la défense où Lamine Koné présente le profil d’un défenseur rugueux mais cohérent balle au pied. Entouré par des latéraux rapides et joueurs comme Lamine Gassama, Vincent Le Goff ou Raphaël Guerreiro, l’axe central Koné-Lautoa est encouragé à relancer proprement. Le milieu de terrain est lui aussi performant avec des joueurs intelligents comme Yann Jouffre ou Walid Mesloub, et des recrues hivernales qui s’intègrent à merveille au projet de jeu de l’équipe. Didier N’Dong, 20 ans, arrivé de Sfax en Tunisie en janvier, est l’exemple parfait. Ce jeune joueur gabonais impressionne par sa maturité technique à un âge où les joueurs connaissent souvent du déchet dans le jeu. Romain Philippoteaux, virevoltant milieu offensif arrivé de Dijon, et auteur d’un but à Marseille confirme également la recherche de profils qui collent à l’identité lorientaise dans le recrutement. Enfin, l’attaque n’est pas en reste avec un Jordan Ayew qui prend de plus en plus d’ampleur dans le jeu et commence à prendre ses marques dans le jeu particulier des anciens protégés de Christian Gourcuff. Avec 11 buts au compteur, l’international ghanéen a déjà réussi sa saison. Autre attaquant qui compte dans le système de Sylvain Ripoll : Benjamin Jeannot. Auteur de 7 buts et de 31 apparitions cette saison, l’ancien nancéien est en train de bien franchir le cap de la L1. Une L1 où le club du président Loïc Ferry manquerait en cas de descente de par le profil atypique de son jeu et de ses joueurs.


Les statistiques
 


L’analyse du jeu : l’exemple de Lorient-Marseille

Les Lorientais ont livré un récital de jeu dans les espaces pour déstabiliser les Marseillais tout au long du match. Toujours à la recherche du bon geste pour conduire une action collective, les joueurs de Sylvain Ripoll ont dévoré le terrain et rendu Marseille impuissant. Des passes propres, des appels de balle dans le bon tempo, des dribbles opportuns, tout y était du côté de Lorient. Même la force mentale quand Marseille est revenu en trombe en deuxième mi-temps recollant au score à deux reprises. À tel point qu’il est difficile de croire que l’équipe morbihannaise lutte pour le maintien cette saison. Chaque joueur, du défenseur à l’attaquant, fut amené à participer à la construction du jeu. Les latéraux, qu’il s’agisse de Vincent Le Goff ou de Lamine Gassama ont été de vrais poisons pour Marseille, permettant aux meneurs de jeu, Mesloub ou Jouffre, d’avoir plusieurs solutions dans l’animation. En attaque, Jordan Ayew a été une menace permanente pour son ancienne équipe, voire même un bourreau avec son doublé. Presque parfaits, les Merlus ont prouvé qu’une bonne circulation de balle, rapide, précise, et un désir de jouer juste dans les espaces libres pouvait amener à remporter des matchs donnés perdus d’avance. Souvent en retard au niveau de la possession du ballon, Lorient a donné l’impression de posséder davantage la balle car son utilisation était meilleure, et son engagement total. Mais comme chaque équipe désireuse de beaucoup joueur, les hommes de Sylvain Ripoll s’exposent aux coups adverses. Par un engagement maximum dans son jeu, Lorient est une équipe qui peut concéder beaucoup d’occasions, et manquer d’attention défensive. Ce fut notamment le cas sur le but de Batshuayi lorsque ce dernier fut trouvé dans le dos de la défense centrale. Un coup réédité à plusieurs reprises par les Marseillais avec des ballons entre les défenseurs qui ont posé beaucoup de soucis à l’arrière-garde dirigée par Benjamin Lecomte. En marquant deux buts de plus que l’adversaire et en pratiquant un jeu engagé, Lorient s’est prémuni d’un partage des points qui n’aurait pas récompensé sa prestation.

3 questions à… Mathieu Coutadeur (milieu de terrain du FC Lorient)

WebGirondins : Lorient qui lutte pour le maintien avec son jeu est une petite surprise. Est-ce que jouer n'est plus suffisant pour se maintenir ?

Mathieu Coutadeur : Ce que je peux dire c'est que nous ne sommes pas une équipe faite pour faire autre chose que jouer, on l'a vu à Marseille. Ce serait malheureux de refuser le jeu pour espérer rester en L1. Il ne faut pas oublier que nous ne nous sommes jamais maintenus sans souffrir et le jeu nous a toujours permis de nous en sortir. Mais dans notre façon de réaliser les choses, la mise en place joue pour beaucoup. Il faut être tactiquement irréprochable pour produire du jeu sinon cela ne fonctionne pas. Parfois cette saison, nous avons été inhibés par l'enjeu, mais lorsque l'on se lâche on voit qu'on peut faire de belles choses.

WebGirondins : Est-ce que le départ de Christian Gourcuff a été compliqué à digérer ?

Mathieu Coutadeur : On a assisté au départ d'un très grand coach. Mais Sylvain Ripoll fait du très bon boulot. On reste sur les mêmes schémas, avec un entraîneur qui était déjà présent à nos côtés. Il faut pas se cacher derrière ce changement d'entraîneur pour justifier la saison. Il y a eu beaucoup de changements dans l'équipe. On ne peut pas perdre petit à petit des joueurs comme Ecuele-Manga, Aliadière, Monnet-Paquet, Bourillon ou Aboubakar sans être impactés. Pour ma part j'ai connu aussi la blessure, comme d'autres éléments de l'équipe. Finalement, le groupe a moins d'expérience. Il y a une transition qui est en train d'être faite avec le passé.

WebGirondins : Comment voyez-vous ce Lorient-Bordeaux

Mathieu Coutadeur : Ce match sera une finale. Une finale pour nous. Pas par rapport à Bordeaux. Les Bordelais, eux, font un autre championnat, une autre saison. Mais ce sera un match charnière pour le maintien après la victoire sur le terrain de Marseille. Bordeaux, ce sera compliqué quand même. Même dans les moments où ils ont été moins bien, les Girondins n'ont rien lâché, à l'image de leur entraîneur. J'ai vu pas mal de leurs matchs, c'est une équipe très dure à jouer, complète, qui fait bien circuler le ballon. À domicile, il faudra que nous fassions le contraire de ce que nous avons fait lors du dernier match à la maison face à Toulouse : emballer le match dès le départ.

Par Florian Rodriguez

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