Entretien : "Bordeaux doit gagner, nous, on doit faire un exploit", Laurent David, entraîneur des Herbiers

07/05 - 12:17 | Par la rédaction | Il y a 1 heure
Les Girondins de Bordeaux reçoivent Les Herbiers ce samedi 9 mai à 18h pour le compte de la 29e journée de National 2. Les Bordelais, toujours deuxièmes au classement, revenus à un petit point du leader La Roche, doivent s'imposer s'ils veulent atteindre leur objectif de monter en Ligue 3. Laurent David, entraîneur des Herbiers, était l'invité du Talk sur WebGirondins. Il est revenu sur le match de samedi, sa saison, et sa carrière de joueur professionnel.
Entretien : "Bordeaux doit gagner, nous, on doit faire un exploit", Laurent David, entraîneur des Herbiers

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Laurent David (Les Herbiers) : "Cette saison, le championnat est plus difficile"

WebGirondins Le Talk : Entre La Roche et Bordeaux, quelle équipe a le plus de pression ?

Laurent David : Je pense que les deux équipes ont autant la pression l'une que l'autre. Pour La Roche, c'est la première fois qu'ils sont susceptibles de monter en National, et ce n'est pas facile à gérer. Quant aux Girondins, c'est un club emblématique et ils se doivent de remonter au plus vite. C'est une pression différente. Peut-être plus forte à Bordeaux, mais les deux équipes sont sous pression.

Quelle est l'équipe la mieux armée pour monter ?

Je ne sais pas. L'avantage est pour La Roche puisqu'ils disposent d'un point d'avance. Ils reçoivent Chauray et se déplacent à Locminé. Ce ne sera pas des matchs faciles. Les Bordelais auront sûrement des rencontres compliquées. Le premier méritera de monter. Mais je suis incapable de donner un favori sur cette fin de saison.

Avez-vous le sentiment que cette saison est plus difficile que les années précédentes pour terminer dans le top 3 ?

Cette saison, le championnat est plus difficile. Au-delà des deux premiers, il y a Bayonne, Angoulême, Saint-Malo, nous. Les équipes du bas de tableau sont également très dures à faire tomber. Le niveau se relève, comme le démontre le nombre de points récoltés par les grosses équipes par rapport à l'année dernière. Même en ayant une dizaine de points de plus comparée à la saison précédente, Bordeaux n'est même pas assuré de monter. Cela prouve que le championnat est très complexe.

"Bordeaux est meilleur sur cet aspect, peut-être grâce au changement de coach"

Avez-vous regardé le match des Girondins face à Bayonne ? Et si c'est le cas, qu'avez-vous pensé de Bordeaux ?

J'ai visionné ce match. J'ai trouvé que c'était une partie de haut niveau, même au-dessus de National 2. Ce qui m'a frappé, c'est l'intensité. J'ai le sentiment que les Bordelais se sont améliorés sur cet aspect, peut-être grâce au changement de coach.

"Avec le recul, nous aurions pu rivaliser avec ces équipes"

L'objectif de votre saison était le top 5 (ils sont cinquièmes actuellement), êtes-vous tout de même frustrés de ne pas avoir accroché le top 3 ?

Avec le recul, nous aurions pu rivaliser avec ces équipes. On a eu beaucoup de pépins, ça a commencé au mois d'octobre. La perte de notre flanc droit avec les blessures de Redha Fresneau et Tanguy Guérineau nous a posé des problèmes. On l'a payé en janvier-février. Après les victoires face à Bayonne et Bordeaux, on a perdu quatre matchs d'affilée, il nous manquait six joueurs. Progressivement, nous sommes revenus dans la compétition et dans le classement. Le seul regret qu'on peut vraiment avoir, c'est la défaite face à Bayonne. On réalise un très bon match, mais on s'incline sur un pénalty à la 88e . Cette rencontre est peut-être à l'image de notre saison. Si on avait gagné, peut-être qu'on aurait pu viser une seconde place. Depuis ce match, on constate que l'équipe inscrit des buts, mais on en prend, ce qui n'est pas une habitude chez nous.

Pouvez-vous nous parler de votre carrière de joueur ?

Je suis arrivé au centre de formation de Brest en 1987. J'ai réalisé mes premiers matchs en professionnel à 19-20 ans. Mon premier match était un Brest-Guingamp, j'avais remplacé David Ginola. Malheureusement, il y a eu un dépôt de bilan à Brest, j'ai donc signé professionnel à Sedan. Lors de ma carrière, j'ai disputé environ 350 matchs en Ligue 2 et 36 ou 38 en Ligue 1. Tout cela a duré quasiment 15 ans, même si j'ai eu la chance de jouer jusqu'à l'âge de 40 ans en National avec un petit club qui s'appelle Plabennec, à côté de Brest. J'ai donc à peu près 600 matchs toutes compétitions confondues (Ligue 1, Ligue 2, National). J'ai donc connu la Ligue 1 avec Martigues, entre 1994 et 1996. J'ai ensuite rejoint Mulhouse. J'avais signé pour 3 ans à Martigues, mais je suis parti au bout de 18 mois.

"La rivalité avec La Roche, elle est très saine"

Avec tous ces clubs en Vendée qui jouent dans les différents niveaux nationaux, comment cette atmosphère de football est vécue dans cette région ?

Il y a évidemment des rivalités sportives. Le Poiré-sur-Vie en N3 est sur le point de monter en N2. Avec La Roche, il y a une concurrence footballistique, mais elle est très saine. Je m'entends très bien avec Fred Reculeau (entraîneur La Roche). Ce ne sont pas des derbys comme le sont les Lyon-Saint-Étienne, ça ne tacle pas dans tous les sens, c'est beaucoup plus simple et sympathique. Certains se demandent s'il ne faudrait pas faire une fusion entre les deux clubs, qui pourraient jouer en Ligue 2, mais ce n'est pas possible. Entre La Roche et Les Herbiers, il n'y a aucune animosité et la relation est saine.

Ludéric Etonde étant passé par les Herbiers, réussit-il sa première saison aux Girondins ?

Etonde a fait six mois de qualité chez nous, ce n'est pas étonnant qu'un club plus huppé vienne le chercher. Malgré les critiques, je trouve qu'il est très intéressant par sa qualité de peser sur les défenses. Si j'occulte ce carton rouge face à Montlouis, Ludéric Etonde a fait une bonne saison.

Comment abordez-vous le déplacement à Bordeaux ?

On a commencé à discuter lundi de l'effervescence, du monde qu'il y allait avoir. Je crois que je n'ai pas besoin de motiver les joueurs. On connaît le contexte, puisque nous sommes déjà venus l'année dernière. On ne renie pas notre football, l'objectif c'est d'avoir la possession et de jouer. Si nous changeons notre manière de jouer, ça ne marchera pas. Nous venons chez le deuxième qui se doit de gagner, nous, on se doit simplement de faire un exploit.

"Les Bordelais risquent gros"

Y a-t-il une revanche à prendre sur l'an dernier, notamment en Coupe de France où Bordeaux vous a éliminé lors d'un match à huis clos ?

Étant donné que c'était la saison dernière, il n'y a pas de revanche. Cette année, je n'ai que quatre ou cinq joueurs qui étaient là, donc ça ne sert à rien de le montrer. J'ai le sentiment que ce match peut devenir très ouvert, mais également de la gestion, comme je l'ai vu lors du match des Girondins en seconde mi-temps face à Bayonne. Les Bordelais savent qu'ils ne peuvent pas se précipiter et se jeter dans la gueule du loup, puisqu'ils risquent gros.

C’est votre quatrième saison aux Herbiers. Y en aura-t-il une cinquième ? Sinon, quel sera votre nouveau challenge ?

Il me reste un an de contrat. J'estime que quand il te reste un an de contrat, tu n'as aucune démarche à faire pour aller voir ailleurs. Je n'oublie pas que Les Herbiers m'ont donné ma chance quand je n'avais pas de club. Malgré tout, je ne peux rien faire contre les rumeurs, et je ne peux pas les démentir. On verra ce qu'il se passera par la suite. En tout cas, je suis très heureux aux Herbiers.

"Ce mercato sera très difficile"

Si vous conservez l'ossature de votre équipe actuelle, est-il possible de continuer une année de plus ?

J'ai l'impression que c'est le mercato le plus difficile que je vivrai depuis 4 ans. J'espère que je me trompe, mais j'ai le sentiment que les vacances seront très compliquées. Comme tous les ans, nous perdrons des joueurs. La seule certitude, c'est le départ d'Antoine Kerriou, prêté par Boulogne, qui reviendra dans son club. Pour conserver les joueurs, il faut les satisfaire financièrement. De notre côté, nous faisons attention à ne pas dépenser ce que nous n'avons pas. Je suppose qu'il y aura moins de départs que l'année dernière (5). Il faut rester serein. J'ai un bel effectif, si on parvient à en garder une partie, on ne va pas se priver. J'ai la sensation que ça va être compliqué.

Qui est le meilleur joueur de ce groupe A de National 2 hors votre effectif ?

Étant un ancien numéro 10, j'adore Alexis Giacomini (numéro 10 à l'Aviron Bayonnais). Il fait briller les autres, il a une grosse activité, il joue. Il y a d'autres joueurs intéressants dans cette poule, mais Giacomini est particulier.

Antoine Kerriou était capitaine sur vos derniers matchs malgré son retour à Boulogne en Ligue 2 la saison prochaine, pourquoi ce choix ?

Ce sont les circonstances qui ont donné lieu à ce choix. Pierre Lavenant était le capitaine de base, mais il était moins bien et a été absent. Benjamin Brélivet est le second capitaine, mais il était absent sur ce match. J'avais posé la question à Jérémy Billy, qui n'y portait pas réellement d'intérêt, j'ai donc fait le choix de donner le brassard au joueur qui ne sera pas présent la saison prochaine.

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