Grégory Scaffa (US Granville) : "Bordeaux a tout ce qu’il faut pour viser la montée"

20/01 - 12:30 | Par Nicolas Pietrelli et Le Talk WebGirondins | Il y a 2 heures
À l’approche de Granville-Girondins de Bordeaux, Grégory Scaffa, entraîneur de l’US Granville, s’est exprimé dans le Talk de WebGirondins. Lanterne rouge de National 2, Granville traverse une période difficile, mais son coach affiche un discours lucide et ambitieux. Il souligne notamment le statut particulier du Girondins de Bordeaux, qu’il considère comme un club hors norme pour ce niveau.
Grégory Scaffa (US Granville) : "Bordeaux a tout ce qu’il faut pour viser la montée"

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Avant Granville-Girondins de Bordeaux, Grégory Scaffa affiche un grand respect pour le FCGB

Grégory Scaffa a été nommé entraineur de l'US Granville début décembre 2025 en remplacement de Mathias Jouan, qui était sur une série de huit défaites consécutives. Auparavant, il était adjoint de Grégory Poirier au FC Martigues de 2021 à 2024, avec qui il a connu deux montées, de National 2 jusqu’à la Ligue 2. Plus récemment, il était dans le staff de Quevilly-Rouen jusqu’en septembre 2025.

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Grégory Scaffa : "Le groupe répond positivement"

WebGirondins le Talk : Pourquoi avoir choisi de retrouver Granville en tant qu'entraîneur principal ?

Grégory Scaffa : La possibilité de retrouver le poste d'entraîneur principal est une des raisons. Je l’avais été avant d’intégrer le staff de Grégory Poirier à Martigues. L’opportunité a pu se faire et je l’ai saisi.

Comment s’est passée votre arrivée ?

Elle s’est bien passée. Je suis arrivé début décembre, il y avait huit défaites d’affilées. Il a fallu vite travailler sur l’aspect mental et remettre de la confiance dans le groupe et le staff, qui étaient abîmés par la série en cours.

Comment arrive-t-on à redonner du caractère et de la confiance à son équipe quand on arrive dans une saison assez catastrophique ?

C’est beaucoup de discussions. Il faut remobiliser les cadres et les mettre devant leurs responsabilités. Un cadre a des droits, mais il a surtout des devoirs. De plus, il faut amener une mentalité : être agressif, gagner des duels, être une équipe conquérante. On a insisté sur ces points, le groupe répond positivement. Mais il n’y a que le match du week-end qui valide ce que l’on voit la semaine. On aurait dû valider à Poitiers, mais le manque d'agressivité et de vice nous fait perdre le match à la 92e minute (défaite 1-0), mais aussi face aux Herbiers (défaite 1-2). Il faut arriver à finaliser nos occasions, mais c’est encourageant.

“Il reste trop de points à prendre pour s’alarmer du classement”

Est-ce qu’on se sert du résultat du match aller (victoire 0-1 de Granville) dans cette période compliquée comme élément déclencheur pour cette deuxième partie de saison ?

Je vais être honnête avec vous : non. Je ne me suis pas servi du match aller, uniquement de ce que l’on fait depuis le 2 décembre (son arrivée en poste). Le Bordeaux du début de championnat n’est plus le même qu’actuellement. Je ne pense pas qu’il y ait grand intérêt de se servir du match aller. Les contextes, les équipes, l'entraîneur : tout est différent.

Ce match reporté face à La Roche-Sur-Yon est-il une mauvaise chose pour vous en termes de rythme de compétition ?

Je n’aime pas avoir de matchs en retard. Ça nous a permis de récupérer Mathis Cherchour sur le match d’Avranches, donc il a gagné une semaine. Un match en retard n’est jamais gagné. On a eu de la “chance” que les matchs de la semaine dernière nous aient été favorables (voir résultats). Mais mentalement, il est difficile de regarder le classement. La seule chose sur laquelle on se focalise, c’est nous. Il reste trop de points à prendre pour s’alarmer du classement, même si on aimerait une situation différente.

Allez-vous ou avez-vous déjà recruté pour vous renforcer afin de chercher le maintien ?

Nous avons déjà recruté quatre joueurs : Abdulakeem Agoro (avant-centre, Hyères), qui ne jouait plus depuis le mois de novembre, Noé Masevo Muanda (milieu de terrain, Chambly), Allan Ramos (milieu défensif, Bourges) et Joshua Curtius (défenseur central, AS Vitré). Trois d’entre eux ont joué ce week-end. Nous ne sommes plus dans l’urgence, on a fait ce que l’on voulait faire sur le recrutement avec des joueurs qui connaissent le championnat. Le groupe est là, à nous de bien le faire travailler.

“Il faut qu’on soit une équipe qui travaille ensemble, qui veut faire mal à l’adversaire, qui n’accepte pas la défaite”

Est-ce qu'il y a de la satisfaction avec match nul obtenu à Avranches (1-1) qui stoppe la série négative, ou de la déception au vu de la physionomie de la rencontre ?

Il y a quand même une satisfaction d’arrêter cette série qui faisait mal à la tête. On stoppe quelque chose de négatif. Bien évidemment, on aurait aimé gagner ce match, car, sur l’ensemble, on méritait. Cela veut dire qu’il nous manque encore quelque chose, qu’il faut bosser. Il faut enchaîner les entraînements, les matchs. J’espère qu’avec plus de semaines, on sera plus décisif dans les deux surfaces de réparation.

Quel est le premier aspect que l’on change quand on arrive dans un groupe qui a huit revers consécutifs en championnat ?

J’ai mis plus de disciplines sur le terrain, plus de rigueur tactique. Il faut qu’on soit une équipe qui travaille ensemble, qui veut faire mal à l’adversaire, qui n’accepte pas la défaite. Il faut amener des courses, car le football de haut niveau demande ça. Toutes ces situations-là sont celles que l’on travaille la semaine pour les retrouver le week-end.

Quel est le match que vous appréhendez le plus : celui contre Bordeaux ou celui contre la Roche ? (Granville affronte ces deux équipes le 24 et 30 janvier 2026)

Je ne les appréhende pas du tout. On a du respect pour ces deux équipes. Aujourd’hui, c’est une anomalie que Bordeaux soit en National 2, avec les joueurs qu’ils ont. Ça va être une fête, il y aura du monde au stade Louis Dior. On ne choisit pas, on prend les matchs les uns après les autres et on va tout faire pour être performant sur les deux.

Que pensez-vous de cette équipe bordelaise ?

C’est une équipe avec un fort potentiel offensif. Elle défend bien, elle est équilibrée, et elle peut être dangereuse en transition. C’est une équipe de N2 complète qui a tout ce qu’il faut pour viser la montée. On ne jouera pas avec la boule au ventre. On fera tout pour les embêter, les malmener et donner une très bonne copie devant nos supporters qui souffrent aussi.

“Il faut qu’ils prennent du plaisir”

Encouragez-vous vos joueurs à frapper de loin ? Cet aspect a réussi aux Herbiers face à nous.

Je leur demande de prendre des initiatives, d’avoir confiance, et qu’ils prennent du plaisir sur le terrain. On ne réussira pas tout, mais il faut avoir envie de créer et de finir par quelque chose (frappe, centre etc…).

Vous qui avez connu la National 2 avec Martigues en 2021-2022, est-ce que vous trouvez que le niveau du championnat a changé ?

C’est différent. Les championnats du Sud et ici sont difficiles à comparer. Il y a beaucoup de matchs à contexte dans le Sud. Il faut de la personnalité, de la parole, car certains matchs se jouent plus sur ces aspects que sur le ballon. C’est pour ça qu’à mon arrivée, j’ai été surpris du manque de vice, de maturité sur certaines situations.

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