Justice : Les coulisses du litige fiscal de l'ancien coach bordelais Jocelyn Gourvennec dévoilées
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Jocelyn Gourvennec : des trajets Guingamp-Bordeaux au cœur d'un contrôle fiscal
Ancien entraîneur des Girondins de Bordeaux (de juillet 2016 à janvier 2018), Jocelyn Gourvennec vient d'obtenir une décision favorable, bien que partielle, devant le tribunal administratif de Rennes. Le litige portait sur la déduction de frais professionnels conséquents, notamment des déplacements en jet privé entre son lieu de travail à Guingamp et son domicile familial situé à Bordeaux. C'est Ouest France qui donne les coulisses du jugement.
Le jet privé pour rejoindre sa famille en Gironde
Les faits remontent à la saison 2018-2019. Alors qu'il dirigeait l'En Avant Guingamp, Jocelyn Gourvennec avait choisi de maintenir sa résidence principale à Bordeaux. Pour concilier ses obligations professionnelles et sa vie de famille, il utilisait régulièrement des avions privés, notamment après les matchs du samedi soir, pour regagner la Gironde.
L'administration fiscale avait remis en cause la déduction de ces frais réels lors d'un contrôle en 2021. Le fisc estimait que ce choix de "double résidence" relevait de la convenance personnelle et non de nécessités professionnelles.
Ce que la justice a validé (ou non)
Dans sa décision du 7 janvier 2026, le tribunal a tranché :
La double résidence validée : Les juges ont reconnu que dans le milieu du football professionnel, la précarité des contrats justifie de ne pas déménager immédiatement sa famille. Ce n'est donc pas une simple "convenance personnelle".
Les trajets du week-end acceptés : Les vols effectués les samedis, dimanches ou lundis sont considérés comme des frais professionnels, car les lignes régulières ne permettaient pas de tels déplacements dans ces délais.
Les vols en semaine retoqués : Pour les trajets effectués en milieu de semaine, la justice estime que l'entraîneur aurait pu utiliser des modes de transport classiques (train, lignes régulières).
Une réduction d'impôt significative
Grâce à ce jugement, l'enveloppe des impôts de l'ancien coach bordelais est sérieusement revue à la baisse. Le tribunal a ordonné la réduction de ses bases d'imposition à hauteur de 37 782 € pour l'année 2018 et de 67 349 € pour l'année 2019.
Cette affaire illustre une nouvelle fois le lien indéfectible que gardent certains anciens du club avec la ville de Bordeaux, au point d'organiser une logistique hors norme pour y rester ancrés, même lorsqu'ils exercent à l'autre bout de la France.
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