Entretien : “Je suis stupéfait par la volonté manifeste des autorités d'empêcher les déplacements”

01/12 - 09:54 | Il y a 3 mois
Les supporters des Girondins se déplacent en nombre sur chaque terrain où joue le FCGB. À Charléty samedi face au Paris FC, ils étaient plus de 500 bordelais dans le parcage malgré des arrêtés préfectoraux et ministériels contrariants. François de l'association "Girondins du 85" était l’un d’entre eux. Il a répondu à WebGirondins après ce match particulier.
Entretien : “Je suis stupéfait par la volonté manifeste des autorités d'empêcher les déplacements”

© Iconsport

"Faire un maximum de match des Girondins"

 

WebGirondins : François, qu'est-ce que tu peux te présenter ainsi que l'association Girondins du 85 ?

François : L'association est basée en Vendée. Elle a été créée après le titre de 2009, en 2010 par trois copains. Elle a grandi au fil des ans et compte une trentaine d'adhérents réguliers. On fait de plus en plus de déplacements pour voir jouer les Girondins. Ainsi, l'année dernière, on a fait tous les matchs, toutes compétitions confondues, à l'exception du match d'Amiens. On a loupé un but de Fransergio (rires). Cette année, on repart sur le même principe, celui de faire le maximum de matchs. On a loupé seulement celui à Ajaccio. Ainsi, on se déplace en minibus, comme samedi à Paris, ou en voiture, selon le nombre de personnes qui sont motivées.

L’association à plus de 10 ans d’existence, c’est énorme.

Les Girondins du 85, on était très discret pendant plusieurs années. Le but, c'était de faire un match par mois. C'était surtout à l’occasion des matchs à domicile. Puis, on a commencé à faire des déplacements à l'extérieur.

Quel est l’objet de l'association, et son état d'esprit ?

On n'est pas une association ultra. On est une association indépendante. L'état d'esprit, c'est vraiment de faire le maximum de matchs entre copains avec une très bonne ambiance. C'est un peu le même état d'esprit que les MBIDF. On se retrouve très souvent pour faire des déplacements communs avec des copains d'autres départements et d’autres associations. Ça permet de bien remplir les véhicules, et c'est peut-être ce qu'on fera d'ailleurs pour aller à Dunkerque à la fin de l'année.

Donc, vous vous déplacez sur tous les matchs domicile et extérieur ?

Il y a toujours au moins une personne de l’association à un match des Girondins. Il y a toujours une voiture qui part, effectivement, pour aller au match.

"Des supporters voulaient chanter, d'autres non"

Quel rôle occupes-tu dans l'association ?

Moi, je suis le trésorier. Et je m'occupe des déplacements, des relations avec le club pour gérer tout ce qui concerne les places, le parcage… Nous avons un point de rassemblement dans la ville de Cholet.

Comment as-tu vécu le déplacement à Paris du week-end dernier ? Est-ce que c'était compliqué à organiser avec toutes ces restrictions ?

Oui, c'était compliqué. Ça m’a rappelé les souvenirs de Valenciennes en début d'année. Puisque nous, on avait réservé un minibus, car on était quand même une dizaine à y aller. Certains partaient en voiture.

On a eu vent de l'arrêté quelques jours avant par le club et Emmanuel Pépin qui est référent. On ne savait pas quoi faire par rapport à ce minibus qu'on avait réservé. On avait des frais d'annulation et le coût de la location était de 150€. Au final, on a décidé de maintenir tout cela en prenant des places dans les tribunes de Charlety. Donc des places gratuites (toutes les places sont gratuites à Charlety, NDLR).

J'avais demandé à tout le monde de venir sans les couleurs, sans les écharpes, pour bien respecter l'arrêté. Puisque notre objectif, c'est quand même de bien respecter les arrêtés. On voulait vraiment respecter ça, venir en toute discrétion Puis, on a appris que l'arrêté était annulé juste avant de partir. Moi, j'habite à Nantes. Juste avant de partir, j'ai eu la petite notification.

Quand on a eu la notification, on a ressorti les écharpes et puis on a filé directement sur Paris. La communication du club bordelais était assez restreinte à ce niveau. On se basait surtout sur la communication du Paris FC.

C'est-à-dire que le club bordelais ne vous avez pas forcément tenu informé des différents arrêtés ?

Alors, les arrêtés, si. Nous avons été informés des arrêtés. Par contre, le jour même, nous n’avons pas été informés de l'annulation de l'arrêté ou des modalités d'accès au parcage.

"Dans tous les cas, on ira voir les matchs"

De toute façon, vous, vous aviez décidé d'y aller, arrêté ou pas.

Exactement. Et d'y aller, si tout avait été maintenu, et de ne pas sortir les couleurs. On avait prévu de faire comme à Valenciennes, en début d'année. Nous, un minibus, ça nous coûte 150 euros, ça aurait été un dommageable financièrement pour notre association. Donc, on voulait y aller quand même. Avec le risque de garer un minibus dans Paris, il ne faut pas tomber sur de mauvaises personnes. Il y avait des inconvénients à ne pas accéder au parcage.

Comment était l'ambiance en parcage ? Est-ce que c'était quand même un peu particulier par rapport aux autres matchs ?

Oui, c'était particulier. On était 500 au lieu des 1000 supporters prévus. De plus, il y avait des supporters qui voulaient chante, et d'autres qui ne voulaient pas chanter. Il y avait surtout des indépendants qui lançaient des chants à droite, à gauche. Donc, c'était un peu fouillis. La première mi-temps, c'était plutôt pas mal. La deuxième, il y avait beaucoup de contestations parce qu'on a tous trouvé au stade, le niveau assez pitoyable sur le terrain. À la télé, a priori, ça rendait un petit peu mieux. Donc, il y avait beaucoup de contestations avec des chants : ”On se fait chier, on se fait chier.." À la fin, il y a eu une explosion. Puis, une communion avec les joueurs qui était presque surprenante vu tous les chants contestataires qu'il y avait eu.

 

 

C’était une émotion positive finalement

Oui, bien sûr. J'étais le premier à être content sur le but et à descendre. C'est vrai qu'à la fin, je pense qu'il y avait des personnes qui étaient encore très énervées du niveau affiché par l'équipe pendant tout le match. Elles n'avaient pas digéré et ne sont même pas descendues. On avait conscience quand même qu'on a fait un petit miracle, un petit braquage. Ce n'était absolument pas mérité.

"Je retiens plus l'ambiance entre supporters que le match en lui-même"

 

Que retiens-tu de ce déplacement ?

Je retiens déjà de manière générale plus l'ambiance entre supporters que le match en lui-même. Donc, là, on va retenir ça. La victoire nous fait du bien parce qu'on n'en a pas vu des masses cette année. Je retiens aussi que les joueurs ne lâchent pas et ils sont allés chercher le but. On voit que tout le monde a envie d'aller vers l'avant, même si ce n'est pas parfait.

Pour terminer, que penses-tu de la gestion des déplacements des supporters des Girondins par les autorités avec ces nombreux arrêtés ?

Je suis assez stupéfait à chaque fois par la volonté manifeste des autorités d'empêcher tous ces déplacements. Et même si les arrêtés sont annulés, malheureusement, ils y arrivent, puisqu'on a quand même perdu 500 personnes qui ne sont venues voir le match à Paris. De toute façon, c'est volontaire de publier les arrêtés au dernier moment. Là, je ne sais pas pourquoi Darmanin s'est mis dans la boucle pour mettre un arrêté ministériels, alors qu'il n'y a quand pas grand-chose à craindre sur ce match.

Ces difficultés d’organisation peuvent-elles vous contraindre à renoncer aux déplacements ?

Non, non, non, parce que nous, encore une fois, venir voir un match sans les couleurs, parce qu'il y a un arrêté, on trouve ça fort dommage, mais je pense qu'on ira quand même. Après, si c'est systématique à tous les matchs, cela va peut-être nous fatiguer, mais on n'en est pas là. Dans tous les cas, on ira voir les matchs.

N.P

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