La direction de Frédéric Longuépée au coeur de toutes les tensions chez les Girondins ?

18/05 - 01:00 | Il y a 3 semaines

Les Girondins de Bordeaux ne sont pas en grande forme. C'est le moins que l'on puisse dire. Que ce soit sur le terrain cette saison ou en coulisse rien ne va plus. Après une 12e place en Ligue 1 et jeu qui s'est effilé au fil de l'avancée de la saison, les résultats sportifs ne sont pas bons. Pourtant, ce n'est pas ce qui se passe sur les terrains qui inquiète. C’est plutôt la gestion du club incarné par un homme le Président Directeur Général des Girondins de Bordeaux, monsieur Frédéric Longuépée (54 ans).

Il n'est pas question ici de jeter la pierre à un homme, mais de rendre compte d'une situation. De plus, le PDG des Girondins est le capitaine du navire, celui qui dispose de presque tous les pouvoirs pour faire vivre et animer son club et sa communauté. Nous avons simplement fait un point sur les tensions au sein du club depuis la prise de fonction des Américains. Nous avons repris des articles de presse, des témoignages de personnes et des faits publiés. À chaque fois, la direction du club et son président sont au coeur.

L'HOMME DE KING STREET AUX GIRONDINS DE BORDEAUX

Au départ, Frédéric Longuépée a été placé à la tête du club dès le rachat le 6 novembre 2018 au poste de président. Après le rachat des parts de GACP officialisé le 16 décembre 2019, il est renforcé dans son positionnement au sein du club par l'actionnaire et propriétaire King Street. Ainsi, Frédéric Longuépée devient Président Directeur Général des Girondins de Bordeaux. Son pouvoir et son positionnement dans le club sont réaffirmés alors que déjà le mouvement de contestation des Ultramarines prenait de l'ampleur. 

Le visage de King Street aux Girondins de Bordeaux c'est lui. Frédéric Longuépée est l'homme de King Street dans le club. Il est salarié des Girondins de Bordeaux et il a donc toute la confiance de l'actionnaire. Son cursus joue pour lui. En particulier son poste de Directeur Général Adjoint en charge des activités commerciales au PSG de 2012 à 2018. Il a développé les activités commerciales du club parisien.

EN CONFLIT AVEC LES ULTRAMARINES

C'est ce qui caractérise sa posture depuis son arrivée à la tête des Girondins de Bordeaux, c'est son relationnel difficile. Personne n'y échappe. Tout d'abord, le dialogue est rompu avec les Ultramarines Bordeaux 87  qui est le principal groupe de supporters des Girondins. Ils existent depuis 1987. Ils ont tout vécu de l’époque moderne des Girondins. Les succès, les défaites, les tensions et les joies. Ils se sont toujours entendus avec les directions, même si des tensions ont pu apparaître parfois, elles ont été gommées.

Aujourd'hui c'est différent. L'exemple des banderoles est significatif (NDLR il en existe d'autres). Le président Longuépée demande de contrôler l'ensemble des banderoles du groupe des UB87. Ce qui n'a jamais été fait auparavant. Il faut connaître le groupe pour savoir l’importance qu’il accorde aux banderoles. 

Le point d'orgue de ce conflit des banderoles est le match face à Nîmes au Matmut Atlantique le 3 décembre 2019. Le club confisque les banderoles du groupe de supporters avant la rencontre. Conséquence, le match sera interrompu presque 30 minutes jusqu'au retour des banderoles dans la tribune. Le rapport de force est engagé. S'en suivent des manifestations hostiles à la direction et à l'actionnaire à chaque match. 

LA GROGNE S'ÉTEND CHEZ LES AMOUREUX DU CLUB

Les Girondins Leaks des UB87 sont l'épisode le plus récent du conflit. Le Président Longuépée a indiqué hier qu'il allait porter plainte comme il le précise dans L'Équipe : "Enregistrer des personnes à leur insu, les divulguer en faisant des montages décontextualisés, c'est un procédé lâche et méprisable que je ne peux pas laisser passer sans réagir. Tout ça n'a qu'un seul but : affaiblir et discréditer l'institution que sont les Girondins. Il s'agit d'une entreprise de dénigrement orchestrée et je pense que oui, on peut dire que le point de non-retour a été atteint. Je porterai plainte."

Un dépôt de plainte du club contre ses supporters serait une première. Depuis, le mouvement de grogne s'est étendu bien au-delà des Ultramarines. Des anciens joueurs dont un Champion du Monde 98, et les supporters non Ultramarines sont inquiets. Ils sont nombreux à être mécontents et à s'associer au mouvement #KingStreetOut.

DIALOGUE ROMPU AVEC L'ENTRAÎNEUR

Avec l'entraîneur Paulo Sousa le dialogue est aussi compliqué depuis que Frédéric Longuépée a demandé à relire une interview que Paulo Sousa a accordée à Sud Ouest début janvier 2020. Il s'est même dit que les deux hommes ne se parlaient plus. En effet, l'entraîneur portugais s'est aperçu de la demande de sa direction. Il n'a pas apprécié que le club souhaite modifier des passages de son interview.

Par la suite, le club a publié un communiqué renvoyant l'entraîneur et les journalistes à leurs études et justifiant ce procédé (il est consultable ici). En voici un extrait : "Les questions posées et réponses formulées ne doivent porter que sur son domaine de compétence. Cette règle s’applique à tous et il ne viendrait pas à l’idée du Président des Girondins de Bordeaux de commenter la sélection des joueurs choisis par son entraîneur lors d’un match, comme il serait très mal vécu par l’entraîneur qu’un membre de son staff commente ses choix de jeu dans la presse sans le prévenir et obtenir son accord. Il est surprenant que cette règle de bon sens, destinée à protéger l’Institution, étonne les journalistes du plus grand quotidien sportif français."

Cet évènement récent a aussi laissé des traces entre l'entraîneur et son président. En termes de relationnel Président - entraîneur, les Girondins pouvaient espérer mieux.

DES TENSIONS AVEC LA PRESSE

Nombreux ont été les tweets de journalistes bordelais se plaignant de leur accueil au Haillan à la fin de l'été. En effet, la salle de presse a été supprimée ne permettant plus aux journalistes de faire leur travail dans de bonnes conditions. Malgré une entrevue avec le président Frédéric Longuépée, il a fallu que les journalistes "boycottent" un évènement pour exprimer leur mécontentement afin que la salle de presse soit réinstallée. Une nouvelle fois un rapport de force a dû s'instaurer. "Un grand club sait respecter la presse" écrivait Frédéric Laharie, responsable du service des sports de Sud Ouest le 28 septembre dernier.

DANS LE CHÂTEAU AUSSI LES RELATIONS SONT COMPLIQUÉES

Dans une enquête de la Revue Far Ouest qui date du 28 novembre dernier et qui est intitulé "Cauchemar en coulisses", nous pouvons lire des témoignages de salariés du Château du Haillan. Ils se sont exprimés anonymement pour évoquer les méthodes de travail de la direction des Girondins de Bordeaux. Le terme de mal-être est employé : "Il n'y a plus de place pour les états d'âme. On sent que certains n'hésiteront pas à rouler sur leurs collègues pour sauver leurs peaux (…) On est face à un ogre robotisé. Ils font de mal à beaucoup de gens".

Au final, plutôt que d'apaiser les tensions, nous nous apercevons que la direction des Girondins de Bordeaux rentre souvent dans un rapport de force pour imposer sa vision. Nous l'observons avec les Ultramarines, avec des témoignages de salariés, et avec l'entraîneur. C'est souvent accompagné d'un communiqué du club réaffirme la position choisie.

De mémoire de supporters, jamais les Girondins de Bordeaux n'ont été autant sous tensions à tous les étages.

#Club

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