Les gardiens Girondins depuis le titre de 2009 : une succession de réussites

Les gardiens Girondins depuis le titre de 2009 : une succession de réussites
06/03 - 18:47 | Il y a 2 mois
Nous vous proposons de regarder dans le rétroviseur de l'effectif des Girondins poste par poste. Nous commençons cette série d'articles avec les gardiens de but.

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1- Saison 2009-11 : Passation de pouvoir d'Ulrich Ramé à Cédric Carrasso

Après le titre de Champion de France 2009, Ulrich Ramé, gardien du club au scapulaire depuis une dizaine d'années voit arriver Cédric Carrasso. Cette saison d'après titre est l'avant-dernière d'Ulrich Ramé avec Bordeaux. Cédric Carrasso arrive après une excellente saison à Toulouse, comme son successeur.

Petit à petit, Carrasso prend la place de Ramé et va considérablement devenir le seul premier gardien. Même en Ligue des Champions, le jeune Carrasso formé à Marseille reste titulaire. Toutefois, il se blesse lors du premier match à Turin, mais va très vite reprendre sa place dix jours après cette sortie. Laurent Blanc fait de Cédric Carrasso son seul numéro un ne laissant à Ramé que les matchs de coupe, ou la dernière rencontre de Ligue des Champions face à Haïfa, anecdotique. Mais l'expérimenté Ramé profite des pépins physiques de Carrasso. Deux ans auparavant, Cédric Carrasso désigné comme le digne successeur de Barthez à l'OM se rompt le tendon d'Achille. Une blessure qui l'éloigne des terrains six mois, mais qui lui aura finalement coûté sa place dans le club phocéen puisque pendant que Carrasso était à l'infirmerie, Steve Mandanda explosait aux yeux de tous. Le natif d'Avignon ne voulant pas que ce scénario se reproduise en Gironde est irréprochable sur le terrain. Même marseillais, il gagne le cœur des supporters bordelais. Une nouvelle blessure l'éloigne des gazons un mois avant la fin de saison.

Le tandem Carrasso-Ramé repart pour une dernière saison en 2010-11. Bordeaux ayant complètement raté sa fin de saison précédente, il n'y a pas de Coupe d'Europe cette fois-ci. Non remis de blessure, Carrasso manque les deux premiers matchs de la saison, mais à son retour, Ulrich Ramé n'aura plus une minute de temps de jeu. Que ce soit en championnat ou en coupe, Carrasso est indétrônable. Cantonné au rôle de numéro deux toute la saison, Ulrich Ramé a tout de même droit à  son hommage lors de la dernière journée face à Montpellier à Chaban-Delmas. Il est titularisé pour ce qui sera son 524e et dernier match avec Bordeaux. Après deux saisons ensemble, Ulrich Ramé passe alors définitivement le flambeau à Cédric Carrasso, et part finir sa carrière dans les Ardennes à Sedan.

2- 2011-2017 : L'hégémonie de Cédric Carrasso

À partir de la saison 2011-12, Cédric Carrasso prend donc définitivement le relais d'Ulrich Ramé. Cédric Carrasso a les pleins pouvoirs dans les cages girondines. Ses doublures sont essentiellement des jeunes comme Abdoulaye Keita qui ne jouera qu'un match cette saison lorsque Carrasso sera exclu à Toulouse. Même lors des matchs de coupe, Carrasso ne fait aucun détour par le banc de touche. La saison suivante est identique pour Cédric Carrasso qui est intouchable. Il ne manquera cette saison-là que deux matchs de Coupe d'Europe dans lesquels il est remplacé par Kévin Olimpa (contre Funchal et Newcastle). Cette saison se ponctue sur un titre en Coupe de France.

Cédric Carrasso, déjà indéboulonnable, passe un nouveau cap à partir de la saison 2013-14 puisque Francis Gillot lui donne le brassard de capitaine. Encore une fois, il se montre irréprochable toute la saison, et ses problèmes physiques semblent désormais loin derrière lui. La saison 2014-15 est un tournant pour le club. Tout d'abord, le club et les supporters vont faire leurs adieux au mythique stade Lescure, Marc Planus, après 27 ans au club prend sa retraite, et Willy Sagnol succède à Francis Gillot sur le banc. Même si la place dans les buts est toujours la propriété de Carrasso, le nouvel entraîneur préfère à son arrivée donner le brassard à un joueur de champ, et nomme Lamine Sané comme nouveau capitaine. Carrasso reste tout de même un cadre de l'équipe sur et en dehors du terrain. Une nouvelle fois, il ne quittera les cages que pour deux matchs suite à un coup à l'épaule. C'est Jérôme Prior qui fera ses premières apparitions professionnelles.

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Cédric Carrasso lors de Bordeaux-Marseille le 14 mai 2017 @IMAGO

La saison 2015-16 marque l'arrivée des Girondins dans le nouveau stade. Pour cette saison, Bordeaux retrouve l'Europe avec une première affiche au sommet contre Liverpool. Mais cette saison va s'arrêter plus vite que prévu pour Carrasso qui en janvier, est gravement blessé au genou. Cette blessure va se révéler comme un « drame » dans l'effectif girondin qui perd pied. Le club recrute Paul Bernardoni, qui se révélait depuis le début de saison à Troyes, ce qui s'avérera être une grosse erreur. 

3 : Concurrence Prior / Bernardoni et dernière année de Carrasso

Jérôme Prior ne convaincant pas les dirigeants bordelais d'être titulaire durant cinq mois, le club recrute Paul Bernardoni, un grand espoir révélé en première partie de saison à l'ESTAC. Mais celui qui aurait pu être un diamant à polir arrive dans un contexte très compliqué. L'effectif est divisé, Willy Sagnol critiqué, d'énormes tensions sont présentes dans le vestiaire. Difficile pour un jeune gardien de se montrer à son meilleur niveau dans un contexte pareil, surtout lorsque l'on est en concurrence avec un jeune gardien du club qui s'attendait peut-être à remplacer Carrasso.

Quelques jours après son arrivée, Bernardoni joue son premier match à Lyon. L'équipe passe au travers et s'incline lourdement, idem la semaine suivante contre Saint-Étienne.  Après huit matchs où il fut moyen, Paul Bernardoni est mis sur la touche, Jérôme Prior est reconduit dans le onze de départ pour la fin de la saison. La fin de saison est une hécatombe pour Bordeaux, qui la finit en eau de boudin avec Ulrich Ramé sur le banc de touche. Pendant ce temps-là, Bordeaux a peut-être cramé un jeune gardien pétri de talent qui aurait pu assurer l'avenir du club, comme Carrasso l'avait fait avec son prédécesseur six ans auparavant.

De retour de blessure, Cédric Carrasso reprend sa place lors de la saison 2016-17, mais connaît une nouvelle blessure qui l'éloigne des terrains durant trois mois. Paul Bernardoni est finalement rétrogradé au poste de troisième gardien derrière Jérôme Prior, ce qui est incompréhensible pour beaucoup de supporters bordelais.  Paul Bernardoni est prêté à Clermont en Ligue 2. En fin de saison, le contrat de Cédric Carrasso n'est pas renouvelé et le directeur sportif Ulrich Ramé le pousse vers la sortie. Il aura joué au total 314 matchs pour les Girondins de Bordeaux, et fit ses adieux au Stade du Moustoir de Lorient. Cédric fera une courte pige du côté de Galatasaray avant de définitivement mettre un terme à sa carrière à l'âge de 37 ans. 

4 : Benoit Costil sur la lignée 

Cédric Carrasso parti, un autre gardien arrive librement pour prendre sa succession. Les dirigeants optent pour le gardien du Stade Rennais Benoit Costil. Après cinq saisons et 255 matchs sous le maillot breton, Costil arrive en Gironde. Aujourd'hui, trois ans et demi après son arrivée, le natif de Caen est toujours en place dans les cages girondines. Avec bientôt 150 matchs à son actif sous le maillot au scapulaire, Costil semble suivre la lignée de ses prédécesseurs Huard, Ramé, et Carrasso, devenues des références à ce poste à Bordeaux.

Comme pour Carrasso, l'arrivée de Costil a été vue d'un mauvais œil par beaucoup de supporters bordelais. Carrasso étant adulé, et son départ forcé non digéré par les supporters, certain ont critiqué l'arrivée du Rennais en 2017. Mais comme Carrasso huit ans auparavant, Benoit Costil a vite mis tout le monde dans sa poche et est devenu un cadre de l'effectif bordelais. Cette saison, il est à la tête de la défense qui a réalisé le plus de cleansheet en Europe, douze pour le moment. Son contrat s'étendant jusqu'en 2022, il devrait au moins rester au club jusqu'à l'épilogue de celui-ci. Il aura 35 ans, l'âge auquel Cédric Carrasso a quitté le club en 2017. Alors sera-t-il conservé, ou est-ce que le club fera appel à un nouveau nom pour lui succéder ?

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Gaëtan Poussin en match de préparation face au Partizan Belgrad en 2019


5 : Les jeunes, souvent pas conservés

Pour répondre à la question précédente quant à la fin de contrat de Benoît Costil, le club compte aujourd'hui dans ses rangs un jeune deuxième gardien de talent, Gaëtan Poussin. L'international U21 français a joué ses premiers matchs sous Paulo Sousa, à Caen en Ligue 1 et dans les Coupes. Même si son dernier match officiel n'est autre que la débâcle face à Toulouse en Coupe de France, ses performances dans les coupes nationales et les matchs de préparation ont fait très bonne impression chez les observateurs. La question est de savoir s'il réussira là où tous ceux avant lui ont échoué.

Outre Jérôme Prior et Paul Bernardoni aujourd'hui sous contrat avec d'autres clubs français, cela fait des années que les jeunes gardiens ne parviennent pas à se faire une place durable dans l'effectif. Certains sont prêtés, d'autres partent en fin de contrat dans des clubs inférieurs. Abdoulaye Keita, Kévin Olimpa, Azbe Jug, Lucas Bobe, Matthieu Lefebvre, Matthieu Valverde et consorts se sont cassés les dents sur les premiers gardiens girondins. Dans la perspective que Poussin succède à Costil en 2022, il serait peut-être judicieux de le prêter la saison prochaine dans un autre club de ligue 1 ou un club de Ligue 2 pour voir s'il peut tenir cette place cruciale.

Quoi qu'il en soit, s'il y'a bien un poste qui reste le plus stable dans le brouillard bordelais depuis toutes ces années, c'est bien celui de gardien.

MK

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