Pierre Hurmic et les Girondins, chronologie d'un combat

Pierre Hurmic et les Girondins, chronologie d'un combat
05/07 - 09:30 | Il y a 1 mois

Depuis le 28 juin, Pierre Hurmic, le nouveau maire Europe Écologie Les Verts de Bordeaux, occupe le devant de la scène avec comme cheval de bataille la crise qui secoue les Girondins depuis plusieurs mois.

Retour sur 2 mois de présence médiatique sur fond d’élections municipales.

C’est à la mi-mai, suite aux révélations fracassantes des Ultramarines sur les dessous du club, que Pierre Hurmic, alors encore opposant au maire sortant Nicolas Florian, commence à imposer son discours dans la presse. Face aux menaces de poursuites judiciaires brandies par la direction girondine contre le groupe de supporters, le candidat écologiste se tourne vers la mairie en demandant une action claire de l’édile:

« Il était temps que N. Florian se réveille, s’implique dans le débat et s’engage. En court-circuitant F.Longuépée, il le désavoue clairement. Va-t-il réclamer à King Street sa démission ? »

S’en est suivi l’envoi de 2 courriers de M. Hurmic à Nicolas Florian sans que rien ne change.

Pierre Hurmic à même proposé à son opposant de l’accompagner pour rencontrer la direction girondine. Proposition restée lettre morte.

Pourtant, il était clair que la situation des Girondins devenait de plus en plus un débat électoral entre deux candidats que tout opposait. Le discours de Pierre Hurmic était déjà très ferme: Frédéric Longuépée n’est plus légitime, il doit quitter son poste.

« Il s'est mis les supporters à dos, il s'est mis les journalistes à dos. [...] C'est une question que j'aimerais poser au représentant du fonds de pension si leur intention est de s'inscrire durablement, il faut qu'ils prennent leur responsabilité et que Mr Longuépée s'en aille dans les meilleurs délais.»

Celui qui est un opposant historique au rachat du club par le fonds d’investissement américain accusait à la fois Alain Juppé et M6 de s’être débarrassés du club au profit de vendeurs « de rêve ». Ils s’opposaient également à l’aménagement du Matmut Atlantique, très mal situé et le voyant comme une « hérésie financière » capable de miner les finances locales durablement.

Très rapidement, Pierre Hurmic a rejoint les Ultramarines, organisés autour du mouvement « Nous les Girondins », jusqu’à même être présent au grand rassemblement du 27 juin, la veille du 2e tour des municipales. En apportant son soutien aux supporters, M. Hurmic s’installait comme un recours légitime capable de secouer les dirigeants du club bordelais.

Dès le surlendemain, une fois élu à la mairie de Bordeaux, Pierre Hurmic a d’ailleurs empoigné le dossier des Girondins, quitte à monopoliser les médias locaux.

Non, les dirigeants du club ne peuvent pas faire ce qu’ils veulent. Non, la mairie ne les laissera pas entacher durablement l’image de la ville. Oui, la mairie mènera un combat sans relâche au club et à ses patrons, jusqu’à règlement de la situation.

Il l’avait même annoncé avant son élection sur TV7 :

« Moi maire, je n’écrirai pas une lettre, je demanderai à rencontrer le PDG de Kingstreet, je lui dirai qu’il nous a trompés. Je dirai à King Street de remplacer monsieur Longuépée qui a perdu la confiance des supporters. Il faut casser le PPP et mettre en vente le stade. »

Vaste programme.

Pourtant, quel pouvoir M. Hurmic a-t-il réellement dans ce dossier? Pas grand-chose, malheureusement. Même si, en tant que partenaire, la mairie peut faire pression sur certains points, elle ne peut pas obliger King Street à faire ce qu’il n’a pas envie de faire.

Selon Matthieu Rouveyre, élu départemental à notre micro :

« Juridiquement ils peuvent dépecer le club, récupérer ce qu’ils peuvent et se barrer […] Il n’y a pas de pouvoir de nuisance de la mairie. [...] Il n'y a aucun moyen pour forcer King Street à faire quoi que ce soit. [...] La responsabilité est en partie politique, car on n'aurait pas dû accepter les conditions de reprise. Certains d'entre nous avaient dit que DaGrosa était un homme de paille. Nous aurions dû réclamer lors de l'audition à la Métropole d'avoir devant nous des hommes de King Street. Ça n'a pas été fait. »

Au lendemain de sa victoire, Pierre Hurmic a confirmé qu’il allait rencontrer les Ultramarines et continuer à mettre la pression sur King Street et ce, malgré les critiques de l’UCPF, le syndicat des clubs, qui dénonçait son ingérence dans la vie du club.

"Je viens de voir le syndicat des clubs dénoncer l'ingérence du maire de Bordeaux. Je leur dis qu'il va falloir qu'ils s'y habituent. [...] Je ne peux pas accepter que le président du club se soit mis à dos les supporters et les Ultramarines. Il y a un malaise. Si Monsieur Longuépée et King Street sont incapables de déchiffrer le malaise, moi je vais les aider à le déchiffrer." (RMC)

Ça a le mérite d’être clair.

A.C

#Club

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