Interview : Jean-François Domergue : "Le talent ne suffit pas"

Interview : Jean-François Domergue : "Le talent ne suffit pas"
09/11 - 15:00 | Il y a 2 semaines

Nous avons pris contact avec un ancien joueur des Girondins de Bordeaux (1975-1980), Jean-François Domergue (60 ans) aujourd'hui en poste à l'UEFA. Il a répondu à nos questions.

Jean-François, tout d'abord, merci de nous accorder cette interview pour WebGirondins. Quel est aujourd'hui votre mission au sein de l'UEFA ?

Merci à vous, c’est avec plaisir. Je suis responsable du développement du football auprès des associations nationales sur les catégories U13 à U16. Nous les accompagnons en leur donnant des moyens, des outils, des méthodes de travail tant sur le plan technique, pédagogique et éducatif.

Vous êtes un des formateurs les plus aguerris en France, n'avez vous pas eu des contacts pour revenir dans le staff des Girondins par exemple ?

Je n’ai jamais étè contacté par les Girondins depuis mon départ dans les années 80.

Sur tous les joueurs que vous avez détectés, lequel vous a le plus marqué ?

Quand j’étais entraineur manager au HAC (ndlr 2000-2004), j’ai créé un groupe elite dans lequel ont figurés des joueurs comme Sinama Pongolle, Anthony Le Tallec, Diarra, Mandanda, qui travaillaient avec Nasser Larguet que j’avais recrutés dans le domaine de la formation et qui ont bossé avec moi pendant cette periode, du talent ils en avaient….Ensuite à Montpellier, quand j’ai pris la formation je me souviens très bien de Steve Mounié qui à la fin de la saison dernière fut transféré en Angleterre, un garçon à l’écoute que le club a vendu 15 millions d’euros, ce qui fait la meilleure performance de vente du MHSC….

 On a souvent parlé de ce match France Portugal de 1984. A l'image d'un Lilian Thuram contre la Croatie, vous faites un match exceptionnel (2 buts ndlr). Avec le recul, quelle place a eu ce match dans votre carrière ?

Importance haute, il y a eu un avant et un après.. ces 2 buts, l’aventure sportive et humaine de ce groupe France m’ont apporté la notoriété, la reconnaissance tout en gardant beaucoup d’humilité.

"Alain Giresse reste incontournable quand on parle des Girondins"

 

C'est étrange, mais votre carrière en club laisse parfois un sentiment de frustration. Vous avez été là lors de la construction d'effectifs de légende (Bordeaux, Marseille, TFC) mais vous n'avez jamais levé de trophée avec ces équipes. Est-ce que cela vous effleure ?

Oui, c’est un peu vrai, j’ai souvent été au départ des aventures, des projets, avec succès, sans forcément des trophées, cela fait partie de la vie de joueur et de sa construction pour le futur….

A contrario, vous avez été l'homme "stabilisateur" à Lille, Bordeaux et Caen. Bâtir, est-ce finalement dans votre ADN ?

Je pense qu’après ma carrière, l’éducation de mes parents, ma personnalité m’ont amené a être un homme de projet, d’organisation de management….partout en fait où je suis passé…

A Bordeaux, vous êtes l'un des artisans du renouveau du club, après des années 70 compliquées. Cependant, vous côtoyez Gallice, Bergeroo et Giresse. Qui vous a le plus marqué ?

Ils sont tous des joueurs et des hommes de grande qualité, de grande richesse, Alain Giresse reste incontournable quand on parle des Girondins, j’ai eu plaisir de faire l’ EURO 2016 avec lui. Les 3 premières semaines, nous étions d’ailleurs sur Bordeaux et Toulouse….un plaisir à chaque fois que l’on peut se voir.

Et puis Bez prit le contrôle en 1978. Etait-il aussi sulfureux que dans la vie publique ?

Claude Bez fait partie des présidents d’une époque au même titre que Tapie, Louis Nicollin, Molinari, qui ont marqué le football de leurs empreintes.

Votre plus beau souvenir avec les Girondins ?

Mon premier match en pro en 75 contre Troyes, j’étais étudiant en seconde…

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Aujourd'hui, beaucoup de jeunes gens veulent devenir pro, était-ce aussi facile de le devenir à l'époque ?

Les époques sont difficiles à comparer mais une chose est certaine, le talent ne suffit pas… le travail, le mental, la passion, les sacrifices sont des éléments qui feront des jeunes joueurs de futurs pros et… la chance pour 5, 10, 15% pour y arriver.

Un petit mot pour nos nos lecteurs qui ne vous ont pas oublié ?

Un amical bonjour, merci pour leur soutien leur passion qu’ils mettent au profit de ce grand club des Girondins…

Dès que vous passez à Bordeaux, vous nous prévenez ?

J’ai malheureusement pas toujours l’occasion de m’y rendre excepté pour chaque Noel où je suis avec ma sœur, sa fille et bien sûr maman. Merci à vous pour cet entretien bien particulier.


Merci Jean-François pour ce moment que les fans sauront apprécier.

Entretien réalisé par J-A Chazeau

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