Philippe Poutou : "Sa crédibilité a chuté, mais personne n'ose le dire"

15/07 - 12:45 | Par la rédaction | Il y a 4 ans
Le conseiller de Bordeaux Métropole était l'un des rares à ne pas participer à l'émotion collective suite à l'annonce de la DNCG de sanctionner Bordeaux.
Philippe Poutou : "Sa crédibilité a chuté, mais personne n'ose le dire"

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"Ça faisait presque comique"

 

Sa voix était ressortie il y a quelque temps, lorsqu'il appelait à ne pas se laisser envahir par l'émotion du sort réservé aux Girondins. Il avait mis en avant les conséquences de l'étalement de la dette et avait chargé le président Gérard Lopez lors d'un discours au siège de la Métropole.

Le site So Foot lui a donné la parole afin qu'il puisse reparler de ce sujet. Dans cet entretien, Philippe Poutou s'est "moqué" du comportement des élus et notamment des deux derniers maires lors de la marche pour les Girondins.

Philippe Poutou : "Le maire et l’ancien maire de Bordeaux ont même manifesté côte à côte derrière une banderole. Ça faisait presque comique de voir que le seul moment de manifestation auquel ils ont participé, c’est celui-là, alors que dans le même temps, il y a des choses plus graves qui se passent. À Bordeaux, comme dans plein de villes d'ailleurs, il y a d'autres catastrophes : les urgences à l’hôpital ne fonctionnent plus, il y a des demandes des personnels soignants, des puéricultrices."

 

 

Cependant, il clame haut et fort son amour pour le club, mais qu'il réserve ce discours pour ne pas parasiter ses propos.

"Mon boycott du Matmut Atlantique n’a pas été très dur ces dernières années, vu le peu de spectacle qu’il y avait. Même si je n'habite pas loin, que je pourrais y aller à pied et malgré les envies de mon gamin d’y aller, je n’y vais pas. Mais je ne me suis jamais complètement éloigné des Girondins. Cette descente en Ligue 2, voire en National, ça me fait chier, mais je ne le dis pas trop, car je ne voudrais pas que ça parasite mon discours. Au conseil métropolitain, je leur ai cité les noms de Robert Buigues, Jean-Pierre Tokoto, Christian Delachet... J'ai parlé de la victoire 5-2 des Girondins contre le PSG en 1978. Je ne suis pas du tout indifférent à ce qu'il se passe, mais merde, il ne faut pas se faire piéger par le côté émotion."

"Des salariés qui vont trinquer alors qu’ils n’y sont pour rien"

 

Le leader du NPA parle du cas du président Gérard Lopez, et selon lui, de sa perte de crédibilité. Il reproche au repreneur de ne pas sauvegarder l'équipe féminine et de prévoir un plan de financement qui aura un immense impact sur les salariés.

"Sa crédibilité a chuté, mais personne n'ose le dire. Il ne faudrait surtout pas bousiller la moindre petite chance qu’il reste aux Girondins de rester dans le sport professionnel. L’argent n’empêche pas les catastrophes sociales. Regardez, il pourrait y avoir un plan de licenciement qui concernerait 200 et quelques salariés, c’est énorme ! Des salariés qui vont trinquer alors qu’ils n’y sont pour rien. Le foot féminin, pareil, il n’y a même pas de barrière étanche, de cloison qui permettrait de sauvegarder des choses qui fonctionnent pas trop mal."