Girondins : le rachat par Sparta Capital a-t-il pris du plomb dans l'aile ?

20/06 - 11:22 | Par Nicolas Pietrelli | Il y a 2 heures
Au lendemain de la conférence de presse de Bordeaux Métropole actant le refus de la collectivité de s’aligner sur les propositions (insolentes ?) de Sparta Capital pour racheter les Girondins de Bordeaux, on peut se demander si le plan du fonds d'investissement anglais tient toujours. Analyse.
Girondins : le rachat par Sparta Capital a-t-il pris du plomb dans l'aile ?

© Iconsport

Le refus de Bordeaux Métropole rebat les cartes du projet Sparta Capital

Sparta Capital voulait l'immobilier autour des Girondins

La possible arrivée de Sparta Capital aux Girondins de Bordeaux ne se résume pas à une simple prise de participation dans le club (67%). Les discussions ont surtout porté sur les actifs immobiliers liés aux Girondins. En témoignent les conditions données à Bordeaux Métropole et la ville de Bordeaux pour valider cette prise de position majoritaire.

Les infrastructures liées aux Girondins (stade, centre d'entraînement du Haillan) représentent en effet des actifs stratégiques et potentiellement valorisables à moyen terme. Alors que le sportif ne permet pas de retour sur investissement avant au moins 5 à 10 ans.

Voici les conditions connues :

Sparta voulait une option d'achat de 5 ans pour l'achat du Stade Atlantique et du centre d'entraînement du Haillan (contre rémunération d'environ 1M€), l'exploitation du stade pendant cinq ans avec versement d'une indemnité annuelle de 400 000€ à la métropole, l'abandon du contentieux sur les loyers impayés (20M€) qui oppose Bordeaux Métropole à Jogo Bonito (société de Gérard Lopez propriétaire du FCGB), et la baisse de 60% du loyer d'occupation du stade pour les Girondins.

Bordeaux Métropole par la voix de son président Thomas Cazenave, a refusé l'ensemble des propositions dans un communiqué, et devant les médias. Le manque de garantie financière des financiers anglais, et la protection des finances publiques sont avancés.

Le sportif au second plan : Lopez restait présent

Difficile de valoriser un effectif en 4e division, surtout si tu n'es pas en mesure de monter à l’échelon supérieur, en professionnel.

Depuis le rachat des Girondins en 2021 par l'homme d'affaires hispanoluxembourgeois Gérard Lopez, jamais un objectif sportif n'a été atteint. Le club a dégringolé en quatre ans de la Ligue 1, la 4e division, et reste, coincé dans le football amateur pour une troisième saison d'affiliée.

Ainsi, Sparta Capital ne s'intéressait pas uniquement à l'exploitation sportive du club qu'il semblait vouloir laissait à Gérard Lopez et ses hommes. Aucun changement d'organigramme n'a été avancé par les acheteurs. Lopez restait même président, poste qu'il devait partager avec Gilles Frétigné, cadre de Sparta.

Pas de quoi rassurer les élus métropolitains qui aurait aussi préféré entendre parler de projet sportif.

"Aujourd’hui, rien n’empêche Gérard Lopez et Sparta de faire leur opération s’ils le souhaitent. C’est une opération privée. Ils ont souhaité nous mettre dans leur deal. Mais c’est leur décision. Mais nous, nous n’avons pas de date butoir", a déclaré Thomas Cazenave en point presse.

 

Des conditions inacceptables politiquement

Thomas Cazenave devant les médias : "Aujourd'hui, les conditions fixées sont trop difficiles pour nous. On ne peut pas, par exemple, renoncer à la procédure judiciaire sur la lettre de caution de Gérard Lopez sur les loyers impayés du stade. On ne peut pas rayer d'un trait une dette de 20 millions d'euros. Ce n'est pas acceptable."

Sur l'achat du Stade et du Haillan : "Nous sommes vendeurs, mais eux ne sont pas totalement acheteurs, on considère que la proposition faite n’est pas le bon accord pour nous. On est prêt à travailler sur la valorisation. Nous entrerons dans des négociations sur la vente quand un interlocuteur arrivera avec une offre ferme." Or, aucune offre ferme n'a été formulée.

Avec un actif géré évalué à environ 550M€, Sparta Capital Management n'est pas un poids lourd dans son secteur. Débourser 80M€ pour l'achat d'un stade (ils proposent 40M€) et 15M€ pour le domaine du Haillan (ils proposent environ 10M€) n'est pas atteignable pour cette structure, même avec une valorisation en dessous de la valeur des biens.

- Lire le communiqué de presse de Bordeaux Métropole

Vers la fin de l'intérêt de Sparta pour Bordeaux ? Lopez devra payer

Quelles sont les conséquences ?

Pour Gérard Lopez, propriétaire des Girondins de Bordeaux, l'arrivée de Sparta lui permettait de réduire son financement de la prochaine saison tout en restant influent. Avec 33,34% des parts il gardait une minorité de blocage, et il n'amenait "que" 3M€ sur les 9 M€ attendus le 30 juin 2026 devant la DNCG. Le fonds anglais amenant les 6M€ restant.

Si Sparta Capital se retire (il reste encore dix jours pour négocier avant de passer devant la DNCG), Gérard Lopez devra financer seule la saison à venir : 9M€ pour joueur en 4e division. Un puits sans fond.

À moins que Franck Tuil et ses associés décident de rentrer au Capital sans garantie sur l'immobilier. C'est peu probable.

Le feuilleton bordelais de l'été 2026, bat son plein.


- [Podcast] Rachat des Girondins : Sparta pose ses conditions, Bordeaux Métropole reste ferme, Lopez dans le jeu