2009-2010 : un maillot rouge Bordeaux à travers l'Europe

26/05 - 20:36 | Il y a 3 semaines
WebGirondins vous propose de vous remémorer les plus grandes heures du club au travers des maillots légendaires qui sont restés dans la mémoire de chacun. Dans cet article, c’est le fameux maillot third porté en Ligue des Champions 2009-2010 qui sera décortiqué avec l’aide de Denis Brudieux (Directeur des Centres de Profits & Merchandising au sein des Girondins de 1997 à 2017), ainsi que la saison en Coupe d’Europe associée.
2009-2010 : un maillot rouge Bordeaux à travers l'Europe

© Iconsport

Après une saison exceptionnelle avec un triplé, Trophée des Champions, Coupe de la Ligue et championnat de France, les Girondins sont alors qualifiés en Ligue des Champions. La plus belle des compétitions de club, celle-ci va faire vivre aux fans le dernier grand parcours européen du club mythique.

Maillot : un plan marketing bien rodé

Denis Brudieux : “Il faut savoir que le processus de la création d’un maillot a commencé 18 mois avant la sortie de celui-ci. Notamment avec de nombreux échanges entre le club et l'équipementier. 3 maillots doivent voir le jour chaque saison, ces trois maillots correspondent aux maillots domicile, extérieur, et away. Ces derniers doivent être à la destination de trois types de personnes. En premier, “les fans” qui sont très attachés au club, qui ont un très fort attrait pour le côté identitaire et qui consomment beaucoup et tout le temps . Ensuite, nous avons les “sympathisants” qui sont focalisés sur le club de temps en temps, mais qui ne sont pas fan du club. Et la dernière catégorie “les indifférents”, pour eux le club représente quelque chose dans la région, mais il consomme assez rarement. Un club a besoin de toucher ces trois cibles pour réussir l’opération marketing autour du maillot.”

ICONSPORT_044300_0002.jpg (85 KB)
@iconsport Yoann Gourcuff, 7 avril 2010 Bordeaux-Lyon

Un design particulier pour le Third

Pour la saison 2009-2010, le club décide de créer un maillot third au design particulier pour cette saison. Puma, équipementier du club depuis 2004, n’avait jamais encore fourni au club un maillot avec la couleur Bordeaux. C’est chose faite désormais. C’est le rouge Bordeaux qui prédomine sur celui-ci, malgré son lien évident avec la ville, cette couleur n’a pas la cote historiquement. Les plus anciens d’entre vous se rappelleront tout de même, de la période 1992-1996, où le club au scapulaire avait délaissé les couleurs Marines et Blanc, pour les remplacer par les couleurs rouge et blanc. Ce maillot évoque donc cette époque, si spéciale.

En plus de ces couleurs, le scapulaire est bien sûr présent, mais celui-ci est très fin. Des bandes verticales, peu communes dans l’histoire des maillots du club, sont incrustées dans celui-ci.

Contrairement au scapulaire, les bandes sont imposantes et représentent un élément majeur du maillot. Pourtant, historiquement, quasi l'entièreté des maillots des Girondins n’avait pas cette spécificité. Seuls deux maillots en possèdent eux aussi depuis 1990, il s'agit des tuniques de la saison 1995-1996, saison marquée par l'épopée en Coupe Uefa.


Denis Brudieux : “Pour ce maillot third on visait un public jeune. On s'est dit qu’on allait reprendre les éléments du maillot de 1995-1996, mais tout en le modernisant. On voulait que ce maillot possède un petit côté représentant Bordeaux.”


Un maillot pas forcément destiné à la Ligue des Champions


“Quand on passe commande à Puma, on doit être en fin de 2008, début 2009, car il a un délai de 6 mois. Donc cela veut donc dire que nous ne connaissions pas alors le classement final de cette même saison. Donc il est impossible de prévoir quel résultat l'équipe fera à la fin de la saison et donc d’une éventuelle participation en Coupe d’Europe. Le potentiel marketing qui dépend alors grandement du sportif de la saison est très difficilement prévisible. Donc le troisième maillot lors de sa création n’était pas spécifiquement destiné à la Ligue des Champions, mais plutôt aux matchs de coupes de manière générale. Par contre bien sûr, si le maillot third est porté en Coupe d’Europe, il faut prévoir plus de stock, car il sera plus vendu,” ajoute Denis.

Ce maillot si spécial sera utilisé lors de tous les matchs de cette campagne de Ligue des Champions. À deux exceptions près, le match à l’Allianz Arena contre le Bayern Munich, ainsi que le match à l'extérieur contre l’Olympiakos, c’est le domicile qui sera utilisé. Pour une raison simple, car les couleurs du Bayern Munich et de l’Olympiakos sont le rouge et le blanc.

Le sportif dicte le marketing


“Le premier semestre 2009-2010 est un record dans l’histoire du club en termes de maillot vendu, parce qu'on est champion de France et qu’il y a évidemment cette Ligue des Champions. Donc à ce moment c’est exceptionnel. Sauf que lors de la deuxième partie de saison, les résultats sportifs sont beaucoup plus compliqués et la les ventes ont chuté après le match retour contre Lyon. Donc cela montre bien que ces maillots avaient un succès sportif plutôt qu’un succès en termes de design. Au final cette année-là n'était pas si bonne en termes de vente de maillot. Cela peut paraître étonnant puisqu’aujourd'hui ces maillots sont devenus extrêmement recherchés. Mais cela s’explique par le fait que les gens sont en manque de succès sportif et que ces maillots la leur remémorent justement une époque glorieuse”, poursuit Denis Brudieux.

ICONSPORT_044140_0067.jpg (145 KB)
@iconsport - 30 mars 2010 Gourcuff-Chamakh Lyon-Bordeaux

Place à l’épopée européenne : une poule avec un goût de retrouvaille

Présents seulement dans le troisième chapeau pour le tirage de la compétition, les Girondins étaient donc sûrs d'affronter des grands d’Europe. En effet, nos bordelais récoltent d’une poule de haut niveau, la Juventus de Turin, le Maccabi Tel-Aviv et le Bayern Munich. Des confrontations qui rappelleront de mauvais souvenirs aux plus anciens supporters du FCGB, avec la Juventus en 1984-1985 en demi-finale de Coupe d'Europe des Clubs Champions et le Bayern Munich en finale de Coupe Uefa en 1996.

Un déplacement périlleux à Turin


Le premier match arrive le 15 septembre 2009 et un déplacement à Turin. Une rencontre qui sera d’hors est déjà un bon indicateur pour la suite de la compétition. Dans le stade olympique de Turin qui vit sa dernière année en ligue des champions en tant que stade mythique de la Juventus, les Bordelais arrivent confiants. En face d'eux se trouvent pourtant des stars mondiales du football : Buffon, Cannavaro, Grosso…

Le match est alors plutôt à l’avantage des Turinois qui ouvrent le score par l'intermédiaire de l’italien Iaquinta qui décoche une frappe puissante au premier poteau. Malgré cela, les joueurs ne perdent pas espoir et une dizaine de minutes plus tard, à la réception d’un coup franc dévié se trouve le milieu de terrain Jaroslav Plašil qui égalise. Un but qui de nos jours aurait été annulé, car le Thèque était hors jeu. Les hommes de Laurent Blanc réussiront donc à accrocher la vieille dame 1-1, qui signifie alors un point pris.

Le Petit Poucet donne du fil à retordre aux Girondins

 

Après ce point encourageant, c’est à Chaban-Delmas dans une ambiance des grands soirs que les coéquipiers de Chamakh affrontent le Maccabi Tel-Aviv. Petit poucet du groupe, il est alors impératif de faire carton plein contre ce dernier. Mais cette équipe bien sûr ne s’est pas retrouvée ici par hasard bien au contraire et nos joueurs vont très vite s’en rendre compte. C’est un Laurent Blanc exaspéré qui fil au vestiaire à la fin de la première mi-temps. Incapable de trouver la solution en première période, avec notamment une ligne d’attaque très maladroite côté Girondins, le score est vierge à la pause. Il faudra faire mieux en seconde mi-temps, mais sans le leader technique de l’effectif Yoann Gourcuff contraint de céder sa place à cause d’une gêne. Le discours de l'entraîneur ne change rien à la maladresse des attaquants bordelais dans ce second acte. Pourtant, à la 83e minute du match Grégory Sertic s'élance pour tirer un corner, c’est bien un maillot rouge qui est à la réception de celui-ci, Ciani vient alors smashé le ballon avec une tête rageuse qui file au fond des filets. Le seul et unique but de la rencontre sera donc inscrit par un homme inattendu.

ICONSPORT_044299_0029.jpg (276 KB)
@icon sport 07/04/2010

Une double confrontation munichoise

Le troisième match se déroule lui aussi à Chaban-Delmas, cette fois-ci l'adversaire est plus prestigieux en la présence du Bayern Munich. L'ossature de l'équipe d’Allemagne 2014 est alors alignée, Thomas Müller, Lahm, Klose, Schweinsteiger.

Le match commence mal puisque les Allemands ouvrent le score dès la 6e minute, sur un corner. C’est le malheureux Ciani qui marque contre son camp. Mais le défenseur se rattrape et marque sur corner. C’est grâce à ce but que le match change complètement de tournure. Trois minutes après l’égalisation, Muller est exclu après un violent tacle sur Matthieu Chalmé. Les Bordelais ont donc toutes les cartes en main pour remporter le match. À la 40e minute là encore sur un coup de pied arrêté, Planus dévie un ballon et le propulse en lucarne. Après une première mi-temps à rebondissement, la deuxième en sera tout autant, car les Bordelais vont louper deux penalties. Le score en restera la, 2-1. La qualification est alors en bonne voie.

La suite de la phase de poule emmène les Girondins dans le match le plus périlleux de cette phase de poule pour les Français . Le déplacement à l’Allianz Arena, pour la rencontre contre le Bayern Munich. Dans celui-ci, les bordelais sont dominés, mais la maladresse des munichois et des faits de jeu vont permettre à nos joueurs de l’emporter 2 à 0. Avec notamment le dernier but de la rencontre inscrit par Chamakh qui restera dans la légende du club.

En tête du groupe

Les deux derniers matchs de la phase de poule avec la réception de la Juventus et le déplacement en Israël sont maîtrisés. Avec une victoire 2-0 contre le club italien et un succès 1-0 en Israël. La première phase de la compétition est terminée, comme vous avez pu le comprendre c’est bien le club français qui finit premier de sa poule. 16 points, 5 victoires et un nul, un quasi sans faute.

Niké est du côté bordelais


C’est un huitième de finale abordable que vont disputer les Aquitains grâce à la première place en phase de poule. Les Grecs de l'Olympiakos seront cette adversaire, une équipe plutôt faible par rapport aux autres grands noms présents dans la compétition. Encore une fois le club au scapulaire va faire la différence sur coup de pied arrêté sur les deux matchs. Lors du déplacement à Athènes c’est le défenseur Ciani qui est à la retombée d’un coup franc qui sera l’unique but de la rencontre.

Au retour c’est Yoann Gourcuff qui marque sur un coup franc excentré, un but qui montre qui les l’un des grands joueurs à cette époque. Les Grecs égalisent de toute de même avec un but magnifique du futur Marseillais Mitroglou. Mais sans compter sur le numéro 29 (Chamakh) de Bordeaux qui permettra aux siens de l’emporter encore une fois. Les Français filent donc en quart de finale de Ligue des Champions à ces résultats, 3-1 sur l'ensemble des deux matchs.

ICONSPORT_044299_0011.jpg (88 KB)
@icon sport 7 avril 2010 après l'élimination face à l'OL

Un quart de final historique pour le football français

Après ce quart de finale, le peuple bordelais commence à rêver en très grand, plus que deux tours avant la grande finale. C’est un club que connaissent bien les Bordelais qui se dresse maintenant devant eux, l’Olympique Lyonnais. C’est la première et unique fois que deux clubs français s'affrontent dans le cadre de la ligue des champions. Les Lyonnais ont créé l’exploit en éliminant au tour précédent le grand Real Madrid.

Le premier match se déroulant dans l’entre des Lyonnais, le stade Gerland. Pour les Bordelais, il s’agit de ne pas perdre toute chance de qualification dès ce match. Mais la rencontre commence sur les chapeaux de roues avec un but de l’Argentin Lisandro Lopez. C’est un match haletant que proposent les deux clubs de l’hexagone. La réponse des Bordelais ne se fait pas attendre plus qu’une poignée de minutes plus tard, Gourcuff centre et trouve la tête de Marouane Chamakh qui égalise. Ce match est marqué par les grandes performances des deux gardiens du soir, Carrasso et Lloris. Malheureusement, le gardien des Girondins ne pourra pas empêcher le brésilien Michel Bastos de doubler la mise pour Lyon. Les Bordelais sont quant à eux malchanceux en touchant la barre transversale par l'intermédiaire de Wendel. Un fait de jeu vient encore une fois jouer en la défaveur des joueurs de Laurent Blanc, une main de Chalmé, l’arbitre n’hésite pas et siffle penalty. Le premier buteur du soir s'élance et prend à contre-pied le portier. Ce premier match se soldera par le score de 3-1.

Un retour rempli d’espoir


Dans un Chaban-Delmas en ébullition, nos héros doivent renverser la vapeur du match aller et absolument s'imposer par deux buts d'écart pour ne pas être éliminé. Mais le futur capitaine de l'équipe de France, Lloris est encore une fois le sauveur des Lyonnais. Toutefois, les champions de France en titre poussent et réussissent à ouvrir le score à la 45e minute, grâce à leur buteur marocain. Il ne reste alors qu’inscrire un autre but pour se qualifier pour les demi-finales de ligue des champions et réitérer la performance de 1985-1986.

Mais ça ne sera pas le cas, puisque le score final de la rencontre sera simplement de 1-0. Une déception immense pour les fans du club au scapulaire. Beaucoup diront que la meilleure équipe de cette double confrontation n’est pas qualifiée. Notamment, car les tombeurs de Bordeaux se retrouvent en demi-finale contre le Bayern Munich et s'inclinent, alors que ces derniers avaient été vaincus deux fois par les Bordelais.

L.P