Dans le Rétro Épisode 6 : les milieux offensifs des Girondins depuis 2009

Dans le Rétro Épisode 6 : les milieux offensifs des Girondins depuis 2009
28/04 - 15:09 | Il y a 2 mois
Nous continuons ce mercredi notre série "Dans le Rétro" ce mercredi avec les milieux offensifs des Girondins depuis 2009.

1/ 2009-12 : Les champions assurent

Après la saison qui les a menés au titre de Champion de France, les Girondins de Bordeaux repartent en août 2009 avec un duo magique. Marouane Chamakh en pointe évidemment, accompagné du milieu offensif qui a fait vibrer les supporters bordelais la saison dernière, Yoann Gourcuff. L'ancien Rennais est officiellement transféré par le Milan AC après un premier exercice éblouissant sous le maillot au scapulaire. Même si ses statistiques sont un petit peu plus basses que la saison précédente, Yoann Gourcuff réalise une très belle seconde année avec les Girondins. Il contribue largement au parcours européen des Girondins qui se sont hissés jusqu'en quarts de finale de la Ligue des Champions. Il dispute au total cette saison-là 43 rencontres toutes compétitions confondues, en inscrivant neuf buts et délivrant douze passes décisives.

Comme on le sait, alors que les Girondins réalisent une belle saison jusqu'au printemps, la fin de l'exercice 2009-10 est complètement manquée et ils ne décrochent même pas un ticket européen pour la saison suivante. Laurent Blanc prend les rênes de l’Équipe de France, pendant que Marouane Chamakh s'envole pour Arsenal. Alors qu'il dispute le début de la saison 2010-11 avec les Girondins, Yoann Gourcuff quitte le club à la fin du mois d'août pour Lyon, un concurrent direct de Bordeaux à cette époque-là.

À l'instar du départ de Souleymane Diawara pour Marseille un an plus tôt, ce transfert de Gourcuff dans le Rhône est mal vécu par les supporters des Girondins. Le club au scapulaire ne recrute pas de profil identique au néo-Lyonnais suite à ce départ. Dans le 4-2-3-1 régulier en 2010-11 sous Jean Tigana, c'est le brésilien Jussie qui est le plus souvent alignée au poste de milieu offensif axial. Il en est de même la saison suivante lorsque Francis Gillot prend les commandes de l'équipe bordelaise. L'ancien coach de Sochaux change en plus très souvent son dispositif. Ce sont alors Jussie, Jaroslav Plasil, ou Yoan Gouffran qui sont le plus fréquemment alignés au poste de numéro dix. 

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Lorient-Bordeaux @IMAGO

2/ 2012-14 : Duo Obraniak-Saivet

Les Girondins de Bordeaux ont retrouvé des couleurs au printemps 2012. Avec six victoires lors des six dernières journées, les hommes de Francis Gillot décrochent une place presque inespérée pour la Ligue Europa 2012-2013. Le board des Girondins apporte alors un petit peu de sang neuf à l'effectif à l'intersaison, notamment au milieu de terrain. International polonais, joueur d'expérience, et surtout champion de France avec Lille en 2011, Ludovic Obraniak s'engage avec les Girondins de Bordeaux. L'ancien nordiste devient un titulaire indiscutable sous les ordres de Francis Gillot et participe à 43 rencontres dès sa première saison, durant lesquelles il inscrira huit buts et adressera cinq passes décisives. Un autre joueur prend énormément de gallons aussi cette saison-là, il s'agit du sénégalais Henri Saivet.

Apparu à de nombreuses reprises en seconde partie de saison l'année précédente, le joueur formé au club dispute lui aussi quasiment l'intégralité des matches en 2012-13, saison où on le rappelle Bordeaux est allé en huitièmes de finale de la Ligue Europa. Francis Gillot variant souvent son système de jeu, Ludovic Obraniak et Henri Saivet sont certes titulaires, mais évoluent tantôt sur un côté, tantôt dans l'axe. La mélodie se répète la saison suivante, cependant Ludovic Obraniak quitte le club à la trêve hivernale pour rallier le championnat allemand sous les couleurs du Werder Brême. Malgré son court passage, il aura laissé de très bons souvenirs avec notamment le succès en Coupe de France en 2013, et a noué un attachement fort avec le club. Il est d'ailleurs très affecté et impliqué par la situation actuelle aux Girondins. 

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Ludovic Obraniak lors de Bordeaux-Reims le 27/04/2013 @IMAGO

3/ 2014-16: La période Wahbi Khazri: 

Lors de l'intersaison 2014, les Girondins se montrent très actifs sur le marché des transferts. Sur le banc tout d'abord, Willy Sagnol vient succéder à Francis Gillot qui sera resté en place trois saisons en Gironde. En ce qui concerne le poste de milieu offensif, le FCGB recrute Wahbi Khazri. L'international tunisien arrive en provenance du Sporting Club de Bastia. Après deux saisons pleines en Ligue 1 avec le club corse, Khazri est une bonne recrue pour les Bordelais.

C'est un joueur technique, et surtout connu pour avoir une très belle frappe de balle, lui qui a déjà marqué des buts lointains. Il réalise une excellente première saison sous le maillot des Girondins. Pour sa dernière année à Lescure, le FCGB finit sixième et se qualifie donc pour la prochaine campagne de Ligue Europa. Quant à lui, Wahbi Khazri est impliqué sur 17 buts (neuf buts et huit passes décisives) en 34 matches, soit décisif un match sur deux.

À Lire aussi : Les milieux défensifs des Girondins depuis le titre de 2009

Le tunisien est une pièce maîtresse dans la première saison réussie de Willy Sagnol à Bordeaux, en Ligue 1 du moins. Cette saison-là, jamais le club n'a quitté la première partie du classement. La saison suivante est pour le coup totalement l'inverse. Bordeaux est éliminé dès les phases de poule de la Ligue Europa sans avoir gagné le moindre match. Après une première partie de saison pleine individuellement malgré la crise de résultats (5 buts et 8 passes décisives en 20 matches), Khazri quitte le club en janvier pour découvrir la Premier League avec les Black Cats de Sunderland. Ironie du sort, cette fois Bordeaux n'a jamais été dans la première moitié du classement. La période de Wahbi Khazri en Gironde aura été sûrement plus courte que prévu, mais le tunisien aura accompli ses objectifs individuels et en dix-huit mois, il fut très influent dans le jeu bordelais. 

4/ Depuis 2019: Yacine Adli, la jeune éclaircie au milieu d'un long orage

Suite au départ de Wahbi Khazri, Bordeaux n'a pas eu de numéro 10 à part entière. Que ce soit sous Ulrich Ramé, Jocelyn Gourvennec, Gustavo Poyet ou Ricardo, Bordeaux a le plus souvent joué en 4-3-3. Les milieux qui étaient le plus destinés à une vocation offensive étaient des joueurs comme Younousse Sankharé ou Valentin Vada par exemple. À l'hiver 2019, alors qu'il est en pleine restructuration et cherche de jeunes talents, le FCGB recrute Yacine Adli en provenance du Paris-Saint-Germain. Le « titi » parisien de 18 ans arrive avec une étiquette de prodige et ce recrutement sonne comme un très bon coup. Pour ses premiers mois, il apparaît à quelques reprises et sera titulaire sous Paulo Sousa pour deux matches en fin de saison contre Lille et Reims.

Deux matches qui se solderont par deux défaites. Son temps de jeu va alors exploser la saison suivante. Alors qu'il n'est pas dans le groupe pour les trois premiers matches de la saison contre Angers, Montpellier, et Dijon, Yacine Adli est régulièrement titularisé à partir de la sixième journée. Il réalise son premier match référence à Amiens lors de la septième journée, où il inscrit un doublé sur deux bijoux.

Même s'il oscille entre onze de départ et banc de touche sous Paulo Sousa, son temps de jeu est régulier, ses performances prometteuses malgré quelques erreurs, et alors que la saison s'arrête prématurément en mars, il est un des joueurs bordelais avec le plus de potentiel. Après un été agité par le départ de Paulo Sousa, les Girondins attaquent une nouvelle saison 2020-21 avec Jean-Louis Gasset. Sur le terrain, une seule recrue arrive, il s'agit d'Hatem Ben Arfa. Une bonne pioche pour les Marine et Blanc qui font signer l'ancien lyonnais libre. Les premiers mois d'Hatem Ben Arfa sont très convaincants, mais cela va se gâter en seconde partie de saison. Ne répondant pas aux attentes, et paraissant peu impliqué, il sort du onze de départ alors que le club est au plus mal.

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Yacine Adli face au LOSC @IMAGO

Pour en revenir à Yacine Adli, comme avec Paulo Sousa, il alterne au début entre le banc et le terrain. Le jeune milieu de terrain réalise des prouesses, mais peut aussi commettre des erreurs individuelles et parfois manquer d'impact physique au milieu de terrain. C'est lors de la seconde partie de saison que le joueur va prendre une autre dimension. Alors qu'il est titulaire depuis déjà quelques matches, Adli va redoubler d'importance lorsque Otavio va gravement se blesser. À ce moment-là, les Girondins connaissent une bonne période en terme de résultats, mais le milieu de terrain est décimé.

Toma Basic est blessé et critiqué, tandis qu'une recrue est attendue dans ce secteur. Yacine Adli devient alors un élément incontournable. Profil avant tout offensif, il joue globalement un petit peu plus bas pour pallier l'absence du brésilien. Aujourd'hui, les Girondins sont dans une crise interminable. Sur le terrain, la série est catastrophique avec 13 défaites lors des onze derniers matches. Il est alors difficile de trouver des points positifs chez les joueurs, mais Yacine Adli en montre pourtant. Malgré son très jeune âge, le joueur n'est pas langue de bois dans ses sorties médiatiques. Pendant que d'autres joueurs plus confirmés sont vivement critiqués pour leur communication redondante, Adli montre davantage les crocs. De plus, il semble être sur le terrain un des rares joueurs impliqués dans le maintien du club en cette fin de saison.

Même si cela paraît compliqué en ce moment de dessiner un avenir aux Girondins, surtout pour des jeunes joueurs, Yacine Adli est peut-être l'unique satisfaction dans le cauchemar actuel. Ce qu'il réalise à son jeune âge dans un contexte aussi délicat est sûrement révélateur des qualités du joueur.

Marvin Kappes

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