Girondins : Étienne Beugre dénonce "un manque d’humanité" des dirigeants
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Étienne Beugre raconte les coulisses de son départ des Girondins de Bordeaux
Nous avons retranscrit la conversation lors de ce live Instagram sur lekpakpatosportif avec un témoignage fort d'Étienne Beugre. Il présente ses excuses aux supporters, et dénonce les actions des dirigeants bordelais.
Sur ses six premiers mois : "On me propose un contrat et je le respecte"
Étienne Beugre : "Quand tu as le plus gros salaire (10 000€ brut mensuel), les yeux sont encore plus braqués sur toi. Je suis conscient que je n'étais pas présent là où on m'attendait. Je m'en excuse.
On me propose un contrat et je le respecte. Il y a eu une polémique dans le vestiaire à ce sujet à cause d'un coéquipier. Je suis resté calme. Je n'en ai jamais parlé. Ce joueur a été écarté. Mais si le joueur doit s'en prendre à quelqu'un, c'est au club, pas à moi. Je n'ai pas trouvé cela professionnel de sa part.
Je n’ai aucun souci avec le club. Je n'ai pas compris le problème. La vedette Andy Carroll était là, j'étais content de jouer avec lui. Nous avions le même style de jeu et c'était compliqué pour moi. Quand Andy est parti, je pensais avoir plus de chance de m'imposer. Je me suis remis en cause. Je pensais faire la préparation avec le club. Je suis fier de l'équipe des Girondins qui joue aujourd'hui."
Sur son transfert au Kazakstan : "Au départ, je ne voulais pas rejoindre le Kazakstan"
"Au départ, je ne voulais pas rejoindre le Kazakstan (FK Kyzyljar Petropavl) à cause de la température. Il fait -30 degrés. Arrivé à l'aéroport, j'ai appelé mon agent pour lui dire que ce n'était pas possible. Puis je me suis renseigné auprès de joueurs qui évoluaient là-bas. Et puis le plus important, c'est de jouer. Si on a trouvé un terrain d'entente avec Bordeaux, je me permets d'en parler, car ce qui s'est passé n'est pas humain."
Sur son traitement par le club : "La photo de mon casier a été arrachée"
"Je respecte Bordeaux, c'est entre moi et les dirigeants. Ça reste un grand club. J’aurais voulu faire plus. Je sors des Girondins avec beaucoup de frustration, mais c'est le foot. Ça pourrait arriver à n'importe qui. J’ai eu un souci avec les dirigeants qui n'ont pas été vraiment humains dans leur comportement. J'apprenais les informations me concernant en lisant les réseaux sociaux. Le coach ne m'a jamais parlé quand j'étais en Côte d'Ivoire (été 2025), j'ai dû l'appeler. Il m'a dit qu'il ne gérait pas la situation. À mon retour à Bordeaux, je suis resté poli pour l’équipe. Puis le coach a envoyé cinq joueurs pour me parler. Lorsqu'on fait les photos du club, les miennes restent dans l'appareil. La photo à mon casier de vestiaire a même été arrachée."
La pression du club : "Le club devrait me loger et j'habitais au centre de formation"
"J’ai subi beaucoup de choses, mais je n'ai pas voulu en parler . J'habitais au centre de formation, car c'est le club qui devait me loger. En fin de saison on nous a pressés de rentrer chez nous. Tellement j'ai eu la pression, j'ai fait mes affaires et je suis rentré au pays avec un récépissé administratif.
John Williams m'appelle et me dit : "On va trouver un terrain d'entente et on va casser le contrat". J’ai dit non, sauf si tu es en mesure d'honorer le contrat financièrement. On a signé. Il me disait de ne pas me presser pour rentrer. Je lui ai dit de parler avec mon agent, car je ne voulais plus parler avec lui. Le club ne me calculait plus. J’arrive à l’aéroport, mais je ne pouvais pas voyager avec le récépissé (document administratif).
Puis, mon agent me dit : "Tu ne peux pas bouger, car le club n'a pas payé la commission du transfert."
J'ai ensuite monté un dossier avec mes bulletins de salaire, et publié un statut sur Instagram. Les dirigeants des Girondins n'ont pas aimé. Mais ils sont revenus vers moi, car il ne me calculait plus. Je n'ai jamais paniqué."
"Bruno Irlès ne m'a jamais dit en face qu'il souhaitait mon départ"
"Quand, j'arrive à la fin de l’été 2025, il y a eu beaucoup d'hypocrisie. Puis, on m'interdisait de participer aux séances vidéo. Je restais seul dans le vestiaire. J’ai compris que Bordeaux n'avait plus besoin de moi. Ils m'ont dit de trouver un appartement, et qu'il allait fermer le centre où je logeais. Or, dans mon contrat il est noté que c'est le club qui doit me loger. Donc j'ai refusé. Je suis resté au centre avec d'autres joueurs.
C'est moi-même qui ai dû faire ma carte de séjour. Ils ont prélevé sur mon salaire les frais pour établir la carte de séjour. Pourtant, Bordeaux, c'est un grand club. Il faut un mental d'acier. Ils m'ont aussi supprimé du groupe WhatsApp du club et m'ont dit de m'entrainer avec la réserve. Bruno Irlès n'a jamais pris la parole pour me dire en face qu'il souhaitait me faire partir. Pour les fêtes on s'est fait des petits cadeaux (secret santa, NDLR). Sa femme tombe sur moi et son cadeau est un tour de cou pour dormir en avion. Je me suis dit, là, ils veulent vraiment me faire partir (rire). Ma croyance en dieu m'a aidé pour ces moments très durs que je ne souhaite à aucun joueur.
Je n'ai rien contre Bordeaux et je présente mes excuses aux supporters. Car je suis sorti avec une grande frustration avec ce que les dirigeants ont fait, et aussi à cause de mes performances."
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