Un roc brésilien au coeur sensible

03/05 - 10:42 | Par la rédaction | Il y a 13 ans

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Notre rédacteur, Florian Sabathier, décide de rendre hommage à Carlos Henrique dans une lettre ouverte.

Bonne lecture.

Cher Carlos,

A la pré-saison de Ligue 1 en 2005-2006, Ricardo arrive à Bordeaux et amène quelques compatriotes à lui dans sa valise. Fernando Menegazzo arrive en provenance de Sienne (Serie B). Mais son protégé de Flamengo est présenté à la presse dans l’anonymat. Agé de seulement 22 ans, tu n’as qu’une quarantaine de matches dans les jambes. Tes débuts sont ô combien délicats mais le départ « surprise » de Kodjo Afanou va permettre à toi, roc brésilien, de te révéler au public bordelais.

Et Carlos parvient à nous émerveiller par ses tacles, sa puissance aérienne et sa volonté de toujours bien faire. Oui, Carlos chaque supporter bordelais t’apprécie à tes débuts même compliqués. La deuxième saison fut celle de la confirmation pour toi avec la Ligue des Champions en point d’orgue en découvrant Istanbul, et sa banderole : « Bienvenue dans votre cauchemar », mais aussi l’ambiance britannique avec Anfield. De quoi te rappeler certaines ambiances brésiliennes que tu as connues avec le célèbre « Fla-Flu » (derby de Rio entre Flamengo et Fluminense). Dans cette saison où Bordeaux vivra la saison de la rupture avec Ricardo, tu nous gratifies d’un grand moment. Pendant que chaque supporter bordelais ont la gorge noué et le ventre serré pendant la finale de la Coupe de la Ligue en 2007, tu viendras t’élancer comme un guerrier volant en catapultant dans les derniers instants de cette partie le ballon au fond des filets. Le bonheur de tout un peuple qui, à partir de ce jour, te donnera le surnom de guerrier à la mitraillette. Quelques jours plus tard, le malheur va arriver avec une blessure au genou face à Saint-Etienne. Le verdict est fatal à ce moment-là : tu dois te faire opérer et la saison suivante démarre avec Laurent Blanc.

Une saison parfaite pour le club et pour toi également où tu reviens à un certain niveau en concluant la saison par un doublé contre Strasbourg de la tête. Et tu ressors avec fierté la mitraillette que tu n’avais plus utilisée depuis quasiment un an. Lors de l’acte II de Laurent Blanc, tu finis Champion de France avec Bordeaux tout en remportant le trophée des Champions en début de saison ainsi que la Coupe de la Ligue. La saison suivante est plus compliquée pour toi mais tu décides de te battre comme tu l’as toujours fait depuis que tu portes ce maillot au scapulaire. Puis vient Tigana et ensuite Francis Gillot.

Dans ces moments-là, tu n’as jamais abdiqué, jamais lâché. Comme face à Chateauroux en 32ème de finale de Coupe de France l’année passée où tu marqueras le but de l’égalisation rempli de rage. En point d’orgue cela ferait 10 années que tu serais au club si tu ne devais pas partir comme tu le fais par la grande porte. Mais les aléas de la vie t’obligent à faire ce choix.

L’annonce de la nouvelle pour « TA » conférence de presse nous emmènera vers un autre Henrique que l’on a pas l’habitude de voir. Fini le guerrier prêt à se battre pour son maillot comme lors de ton mano à mano avec l’attaquant marseillais Gignac. Désormais place à l’Homme au grand cœur, au sensible que tu es. A chaque vue de ce « moment » de ta vie de footballeur ne doute pas que chaque supporter bordelais ait eu un pincement au cœur, les larmes aux yeux de voir le roc que tu es dans un tel état. Mais toute belle histoire soit-elle doit connaître sa fin. Tu as su mettre une part d’émotion dans ton sport qui ne connaît que le mot « argent » sous toutes ses formes. Comme tu l’as si bien dit : « Je suis arrivé gamin et maintenant je suis un homme ». Et l’homme que tu es devenu doit prendre son envol pour rejoindre sa contrée natale. Tu es né « héros » et tu repartiras comme tel.

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