Entretien. Clément Tapy : "Retrouver le National avec le SA Mérignac"
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Régional 1 : Clément Tapy, un projet ambitieux pour installer le SA Mérignac plus haut
Le podcast de l'entretien est disponible en bas de cette page si vous préférez l'écouter.
WebGirondins le Talk : Comment allez-vous après ce succès face à l’Aviron Bayonnais (2-1) ce dimanche ? Il vous permet de reprendre la place de leader en R1
Clément Tapy : Mieux que lundi dernier. Les humeurs du lundi dépendent des résultats du week-end. Mais le championnat est encore très long. On savoure, mais on sait que c’est très ponctuel.
Aviez-vous craint ce match face à l’Aviron Bayonnais ?
Craindre, ce n’est jamais le bon mot. Mais on sait qu’on a une poule très élevée. C’est paradoxal, car on a un groupe de joueurs qui est plus serein quand on affronte de belles équipes comme Bayonne. On s’attendait à un gros match. Ça motive plus facilement.
“Le SAM m’a laissé ma chance”
Comment êtes-vous arrivé à ce poste d’entraîneur au SA Mérignac ?
C’est ma neuvième saison au SAM, je suis arrivé par la toute petite porte. J’arrive de St-André-de-Cubzac. Le club m’intéressait et, sans prétention, j’étais très heureux de l'intégrer. Il cherchait un entraîneur pour l’équipe B des U14. Puis, petit à petit, j’ai gravi les échelons : U17 R1, adjoint en U17 National, puis entraîneur principal pendant trois ans. Ensuite, le club m’a proposé de prendre l’équipe première. C’est ma deuxième saison à leur tête.
Comment expliquez-vous votre adaptation au monde sénior ?
Quand on est nommé, on entend que le monde sénior et le monde jeune sont deux choses vraiment différentes. La chance que j’ai eue, c’est de démarrer dans mon club, c’était ma huitième saison. Quand on coache les jeunes, que l’on connaisse beaucoup de parents, il y a les petits frères. C’est un club formateur avec une équipe séniore jeune, donc j’ai retrouvé des joueurs que j’avais coachés. Au début, ça pouvait susciter des interrogations, mais maintenant, il y a du vécu en sénior. On a pu mettre en place ce qu’on faisait chez les jeunes à une échelle un peu plus importante. Le club m’a laissé ma chance.
Quelle est votre consommation de foot de manière générale ?
C’est un mix de haut niveau et d’amateur. Regarder du foot amateur c’est beaucoup moins désintéressé parce que j'observe les équipes de la poule, pour des aspects de recrutement. La N3 est sympa parce que je connais souvent des joueurs. À côté de ça, les soirées Ligue des Champions ou la Premier League le samedi, c’est vraiment en tant que spectateur. On pose le cerveau, on arrête d’analyser et on prend du plaisir.
“Il faut fixer des objectifs réalisables et à court terme en début de saison”
Pensez-vous que le SAM a le niveau pour revenir au niveau National et être un club qui compte dans le football girondin ?
Oui, c’est l’objectif. On est une grosse organisation, il y a des structures, on est équipés. Le club devrait être un cran au-dessus. Dans un projet à dix ans, c’est un club qui a les équipements pour aller en National. L’argent, c’est le nerf de la guerre. Mais il y a d’autres aspects structurels (moyens humains, employés). On essaye de se professionnaliser petit à petit, et on espère tirer notre épingle du jeu.
On a eu la chance d’avoir une très belle base : les joueurs ne sont pas payés en équipe première (R1), mais on se retrouve avec des garçons capables de lutter contre Pau (L2), Istres (N2) ou Laval (L2). On arrive à garder nos meilleurs joueurs de U17 et U19 National, et on a des joueurs qui s’attachent au club, donc on les amène en équipe première. Pourrions-nous garder le même modèle en National 3 ? Sur une année, peut-être, sur plusieurs, sûrement pas.
Vous avez eu de beaux parcours en Coupe de France ces deux dernières années (le SAM a disputé deux 32e de finale). Vous avez donné pour objectif à votre groupe de ne pas être éliminé par un club de division équivalent ou inférieur.
En tant qu'amateurs, c’est différent des pros. Il y a des gains financiers à partir des tours fédéraux. Quand on passe quelques tours, on vit des moments magnifiques. On commence dans des tours obscures avec beaucoup moins de médiatisation et on peut sortir très vite dans l’anonymat. Mais à l’inverse, on passe un tour et on a les maillots, et on sent venir l’engouement et la magie de la coupe. Petit à petit, il y a cette atmosphère qui est exceptionnelle pour des joueurs de foot. On se doit de respecter la compétition, et de respecter tous les adversaires. Il faut fixer des objectifs réalisables à court terme en début de saison.
Quels sont vos avis sur Marius Feuillet et Luigi Rizaldos qui étaient au SAM la saison dernière et qui sont aujourd’hui aux Girondins de Bordeaux ?
Marius Feuillet, je l’avais eu en U17 National et c’était une très belle recrue en provenance de Mérignac Arlac. Il était défenseur central quand il a signé, il a beaucoup évolué sur son positionnement. L’année dernière, il était en U19 quand j’ai repris l’équipe séniore, et il a terminé piston dans notre système à trois. Je ne lui soupçonnais pas de telles qualités de vitesse. Aujourd'hui, il joue défenseur central avec la réserve des Girondins.
Luigi Rizaldos, je ne l’ai pas coaché en jeune, je l’ai récupéré des U19 Nationaux. C'est un super garçon, très gentil et respectueux. C’est un profil d’attaquant idéal pour moi. Grand, rapide, il marque des buts, et répond de la tête. Forcément le National 2 arrive un peu vite pour lui. Mais il apprend, et il peut être une surprise avec une belle progression. On l’appelait Haaland avec sa coupe de cheveux, il y avait un peu cette idée-là quand il était en forme.
Vous jouez contre les Girondins samedi à 19h30 en Régional 1. Comment abordez-vous ce match et que pensez-vous du travail d'Antoine Vergès ?
Leur début de saison manqué était anormal vu la qualité de l’effectif. La mayonnaise a bien pris. Le coach est arrivé dans un contexte délicat et il ne suffisait pas de mettre de jolis noms sur la feuille pour que ça fonctionne. L’équipe a progressé, et ce constat se fait sur beaucoup d’équipes de notre poule. On se méfie parce que les joueurs ont envie de jouer une telle rencontre. On s’attend à un très gros match de foot. Il y a deux équipes qui ont des résultats positifs. Il ne ressemblera pas à la première journée où on s’appuyait sur nos repères de la saison dernière. Les armes sont redistribuées.
“Avec Salif Sané, ça se passe de manière très simple et naturelle”
Comment se passe votre collaboration avec l'ancien joueur professionnel Salif Sané (Il a joué 331 matchs en pro) ?
C’est exceptionnel. C’est arrivé comme une surprise, un cadeau du ciel. Il y a encore des coachs qui me disent “impossible qu’il ne touche rien chez toi”. Mais c’est réellement le cas. Il voulait absolument jouer et il s’est pris au jeu, et d’affection pour les jeunes. C’est lui qui a dit qu’il était chaud de prendre une licence. Quand on voit sa carrière et la simplicité avec laquelle il a rejoint le club, en termes d’humilité, ça redistribue les cartes. On essaye de le gérer de manière intelligente, je ne vais pas tout lui réexpliquer. Je ne peux pas lui parler comme Marius Feuillet ou Luigi Rizaldos. Avec Salif, c’est une relation de confiance, il y avait un petit décalage avec ce qu’il a connu. Ça se passe de manière très simple et naturelle.
Quel est votre objectif personnel ?
Je n’en ai pas un en particulier. Bordeaux, forcément, j’ai grandi avec les Girondins, les étoiles dans les yeux. Sinon, aller le plus loin possible, à l’étranger, où il y a des coins exceptionnels à découvrir. Donc voyager grâce au foot. J'aimerais amener le SAM le plus loin possible, et vivre du foot, ça serait très beau.
Le podcast de l'entretien à écouter :
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