Girondins Socios : "On compte entre 700 et 800 adhérents aujourd'hui", l'association face à un choix

05/02 - 12:21 | Par Evan Mogenier, Nicolas Pietrelli | Il y a 2 heures
Dix-huit mois après sa création, l’association Girondins Socios compte aujourd’hui entre 700 et 800 adhérents actifs. Invitée du Talk sur WebGirondins, la structure a abordé un moment clé de son histoire, avec un vote décisif sur l’avenir des 300 000 euros collectés. Deux membres fondateurs, Charles Merle et Lionel Lagrange, sont revenus sur les réussites, les difficultés et les perspectives de l’association. Un enjeu important pour l'association et son projet pour les Girondins de Bordeaux.
Girondins Socios : "On compte entre 700 et 800 adhérents aujourd'hui", l'association face à un choix

© Iconsport

Girondins Socios : un vote clé pour l’avenir de l'association


Écoutez un extrait de l'entretien dans le podcast ci-dessous ou l'échange complet sur notre chaîne YouTube.

 

 

WebGirondins le Talk : Quel bilan tirez-vous 18 mois après le lancement de Girondins Socios ?

Charles Merle : Il faut repartir de la genèse. On a créé l’association quand l’avenir du club s’inscrivait en pointillé. L’objectif était d’entrer au capital du club pour que les supporters aient leur mot à dire sur la façon dont le club était géré, mais aussi pour éviter un scénario catastrophique. Le club a survécu sportivement.

Lionel Lagrange : Il y a des choses positives, mais aussi négatives. Pour les axes d’amélioration, quand on a commencé Girondins Socios, on ne se connaissait pas. Il a fallu structurer tout ça, donc on a perdu beaucoup de temps. Le principal point négatif, c’est de ne pas être entré au capital du club. Le contexte où l’association a été créée, l’avenir du club était incertain. Il y avait des possibilités pour y entrer. La situation actuelle est plus pérenne sportivement, on verra ce que cela donnera à l’intersaison qui sera décisive pour l’avenir. Le gros point positif est d’avoir sauvé la section féminine. On a été un des acteurs prépondérants avec la mairie, puisqu’on a participé aux discussions avec le club.

"Chaque socio pourra voter s’il est pour la mise en réserve des fonds ou pas"

Vous aviez réuni presque 3 000 adhérents à la création de l’association. Combien en comptez-vous aujourd’hui ?

Charles Merle : C’était une prouesse d’arriver à 3 000. Cela n’est jamais arrivé en France qu’un mouvement socio obtienne autant d'adhérents et n’entre pas au capital du club. C’est un très bon indicateur de mobilisation de la communauté girondine. Cela permet de se dire que si, demain, il y a une crise aussi grave, voire pire qu’il y a quelques années, la communauté saura se mobiliser pour reprendre son destin en main. Aujourd’hui, à jour de cotisations, on est entre 700 et 800. C’est vraiment très bien quand on compare aux autres groupes socios qui ne sont pas entrés au capital du club. On a démarré sur les chapeaux de roues. C’est très satisfaisant d’avoir une continuité sur un millier de supporters qui continuent de s'inscrire dans une mouvance d’avenir.

Vous avez récolté une somme qui monte à plus de 300 000 euros. Qu’est-ce qui se joue pour votre association aujourd'hui avec l’avenir des fonds en question ?

Lionel Lagrange : Tous les socios de la première heure et les réadhérents ont reçu un mail pour l’ouverture du vote jusqu'à vendredi 18h (lire ici). Chaque socio pourra voter s’il est pour la mise en réserve des fonds ou pas. Si une majorité s’exprime pour, les fonds seront conservés par l’association, dans l'éventualité d’une entrée au capital du club. Si cette situation se présente, on fera appel aux socios pour savoir s’ils veulent entrer au capital. Dans le cas inverse, il y aura un remboursement aux socios qui feront la demande. On aura la réponse samedi vers 10h15 (une assemblée générale a lieu au Haillan). Il nous était important de faire participer les socios n’ayant pas réadhéré. C’était essentiel pour nous que tout le monde puisse voter.

Charles Merle : autre point important, c’est la faculté de pouvoir rembourser lors de la première année. Je n’ai vu personne faire cela. On est en situation d’urgence, il faut être transparent jusqu'au bout et qu’il y ait le maximum de monde et de confiance. En réalité, aucun groupe socios ne s’amuse à proposer des remboursements. C'est important d’avoir ces sommes-là, car, demain, on peut se retrouver dans une position intéressante pour appuyer des négociations ou sauver des sections du club.

"Il y a des personnes qui ont souhaité arrêter pour raisons personnelles, et d’autres qui avaient des divergences d’opinions"

 

Vous avez eu des obstacles, beaucoup de départs au bureau, au sein du conseil d’administration. Cela témoigne-t-il des difficultés à réunir ?

Lionel Lagrange : Une des problématiques rencontrées, c’est la structuration de l’organisation. Il a fallu apprendre à se connaître. Le conseil d’administration est composé de douze membres, dont des gens que l’on n’a jamais vus à aucune réunion. Il y a des personnes qui ont souhaité arrêter pour raisons personnelles, et d’autres qui avaient des divergences d’opinions. Quand on ne se connaît pas, la force est d’apporter de la contradiction, mais parfois, on ne s’entend pas. Je regrette, car quand on a des idées, il faut savoir les défendre. Malheureusement, on n’a pas réussi à avoir d’accords avec tout le monde. Pour moi, c’est un vrai échec.

Aujourd’hui, vous faites des démarches pour entrer au capital du club alors que Gérard Lopez est actionnaire. Pourquoi vouloir confier l’argent des socios à la gestion Lopez ?

Lionel Lagrange : Les socios nous l’ont demandé.

Charles Merle : Ce n’est pas nous qui décidons, c’est le vote des socios. On ne peut pas proposer aux socios de rentrer au capital avec un actionnaire en place, ou dans un projet de reprise. Il faut que cela soit étudié pour leur présenter.

Vous qualifiez la gestion Lopez de “suicidaire” en mars 2025 dans un communiqué. Pourquoi démarcher le club et ne pas attendre qu’un autre actionnaire arrive pour essayer de rentrer au capital ?

Lionel Lagrange : On a répondu. C’est sur demande des socios. 57% se sont exprimés pour que l’on entame les discussions avec le propriétaire du club.

Allez-vous faire des actions pour les supporters ? Certains adhérents sont déçus du manque de proximité de l’association avec les supporters ?

Lionel Lagrange : C’est un axe d’amélioration pour 2026. Créer du lien au sein de l’association entre les socios. C’est un objectif prioritaire. On est une association 2.0. On a besoin de fédérer et ça va être notre perspective pour cette année.

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